Dès les premières prises, elles ont donné le ton. Peu nombreuses, mais pleinement engagées, les lutteuses ont imposé rythme et intensité sur les tapis du complexe sportif de l’AS Aorai, lors de la première journée du championnat de lutte libre et féminine organisée par la Fédération Polynésienne de Lutte, Arts Martiaux Mixtes, Jiu-Jitsu Brésilien et Disciplines Associées (FPLAJDA).
Sur les 92 athlètes engagés, de la catégorie U9 aux seniors, seules six femmes étaient inscrites. Une faible représentation qui ne freine en rien leur motivation.
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Certaines doivent d’ailleurs patienter longtemps avant de trouver une adversaire dans leur catégorie de poids. Alors lorsqu’un combat se présente, il faut saisir l’occasion. « Je suis super contente d’avoir eu une combattante, parce que d’habitude, je n’ai personne, donc on est obligé de me surclasser avec du poids plus lourd. Au début, c’était plus dur, et vers la fin, elle dominait, alors je me suis dit que c’était le moment de la pin » confie Neagle.
Faire un « pin », autrement dit un tombé, consiste à plaquer les deux épaules de son adversaire au sol pendant quelques secondes. Une action décisive qui permet de remporter immédiatement le combat.

Sur le tapis, pas de place pour l’hésitation. Tout se joue sur l’engagement, l’endurance et la capacité à faire la différence jusqu’au bout.
Chez les seniors, la même détermination anime les compétitrices. Venue de Moorea, Mairearii Tauira a fait le déplacement pour se mesurer aux meilleures. « Je me suis dit que si je ne m’inscrivais pas, je ne connaitrais jamais ma condition physique. Donc je me suis dit qu’il fallait y aller ! Mon conjoint n’est pas là, mais m’a boosté de là où il est. J’avais 3 coachs qui m’ont envoyée toutes les énergies possibles, et je ne pouvais pas lacher »
Sur les tapis, les profils sont variés. Certaines viennent d’autres disciplines, comme le judo, ce qui élève encore le niveau des affrontements et oblige à s’adapter rapidement.« C’était vraiment la finale la plus difficile que j’ai faite en lutte, car mon adversaire venait du judo, c’est une grande championne, là elle revenait d’une compétition en Australie, elle performe énormément. Elle a fait les mini Jeux du Pacifique où elle a gagné plein de médailles. J’attendais beaucoup de cette finale, et j’arrivais pas tant que ça à marquer mes points, et vers la fin de temps, j’ai réussi à choper une jambre, une tete, et j’ai réussi à la pin, mais ça c’est joué à très peu, j’ai eu beaucoup de mal » explique Keona Duval.


Si la concurrence féminine reste encore limitée, elle progresse peu à peu. Pour ces lutteuses, chaque combat devient une étape supplémentaire vers des ambitions plus grandes.
À un an des Jeux du Pacifique, les objectifs se précisent. À Aorai, cette première journée de championnat a marqué le début d’un nouveau cycle de compétition, où chaque affrontement compte.
Entre relève prometteuse et athlètes confirmées, la lutte féminine polynésienne continue de se structurer, avec un objectif clair : élever le niveau, gagner en expérience et préparer l’avenir.



