À la veille de la Toussaint, les familles s’affairent dans les cimetières pour nettoyer et embellir les sépultures de leurs proches. Entre le sable blanc, la peinture et les compositions florales, les préparatifs peuvent représenter un budget conséquent. Pour limiter les dépenses, certains font le choix des fleurs artificielles, qui présentent l’avantage de pouvoir être conservées et réutilisées.
Un marché qui n’est pas nouveau au fenua. Dès 2019, des commerçants constataient une progression des ventes de fleurs artificielles à l’approche de la Toussaint. Une étude menée en 2021 par la Direction de l’agriculture estimait même à 25 tonnes le volume de fleurs artificielles présentes dans les cimetières étudiés pendant cette période.
En bord de route, les vendeurs proposent des compositions à différents prix. Chez cette fleuriste, installée depuis lundi et jusqu’à dimanche, les bouquets se vendent entre 1 000 et 2 000 Fcfp, avec des réductions possibles pour les achats en quantité.

Pour elle, le choix des fleurs artificielles est avant tout une question de praticité. « Avec les vraies fleurs, on a beaucoup de difficultés pour avoir les fleurs, faire les compositions, et surtout pour les conserver. C’est dur pour nous, au bord de la route, on ne peut pas se permettre. Il y a des endroits où on n’a pas d’eau », explique-t-elle.
Depuis dix ans maintenant, elle confectionne ces compositions avec l’aide de ses proches. Chacun a son rôle : « Il y a une personne qui fait les rubans, une autre qui couvre l’éponge, une autre qui fait le bois… et moi, je fais la composition. » Une activité familiale qui lui permet également de subvenir aux besoins de son foyer.


Du côté des acheteurs, la longévité des bouquets fait la différence. Cette année, Tiare a décidé de délaisser les fleurs fraîches pour la première fois. « Je trouve que les fleurs artificielles durent plus longtemps. En plus de ça, après, quand la Toussaint sera terminée, je pourrai les ramener à la maison, et les ramener pour la prochaine Toussaint. »
Un choix qu’elle ne regrette pas. « D’habitude, je mets des vraies fleurs, et au bout de deux ou trois jours, elles finissent dans la poubelle ou dans un coin du jardin. C’est joli, mais c’est surtout le fait que ça tienne longtemps. Et le prix est abordable. »
Si les fleurs fraîches conservent leur place dans les traditions de la Toussaint, les compositions artificielles offrent une alternative aux familles qui souhaitent prolonger leur hommage aux défunts, sans avoir à renouveler régulièrement les bouquets.



