Règles de mouillage : l’avis de l’État espéré pour « bientôt », dit Jordy Chan

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Réaménagement de Vaiete, saturation du réseau routier, passe de Papeete, permis moto et mise à jour de la régulation du mouillage des voiliers : invité du journal de TNTV, le ministre des Grands Travaux Jordy Chan a détaillé sa feuille de route, ce jeudi. Interview.

TNTV : Désertée depuis des années, la place Vaiete souffre d’une image dégradée avec des problèmes d’insalubrité, d’insécurité. Vous voulez lui redonner vie, ramener les touristes, mais aussi la population locale : superficie doublée, végétalisation, ouverture vers le front de mer lorsqu’il n’y a pas de paquebots. Mais concrètement, pour les parkings, comment sera-t-elle organiseé ?
Jordy Chan, Ministre des Grands Travaux, de l’Équipement, en charge des Transports terrestres et maritimes et de la Décentralisation : « Ce qu’on souhaite, c’est doubler la superficie de la place existante et on souhaite la transformer en un véritable poumon vert. Mais pour ça, on a besoin d’empiéter sur le parking existant qui est situé à côté de la gare maritime. Il faut savoir qu’aujourd’hui, il y a un parking qui a été construit au niveau du terminal de Croisière et qui est sous-exploité. Ce qu’on souhaite, c’est remplacer le parking de la gare maritime par le parking du terminal de Croisière Internationale. »

TNTV : Les deux sont payants ?
Jordy Chan : « Les deux sont payants, sauf que celui du terminal de Croisière Internationale est gratuit à partir de 18h. En face de la gare maritime, nous avons lancé un appel à projet qui s’est concrétisé par la signature d’un bail à construire qui permettra la construction d’un parking silo de 200 places à terme au niveau de cette parcelle. »

 

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TNTV : Les roulottes sont aujourd’hui peu nombreuses sur le site. Le projet prévoit un food court. Est-ce qu’un appel d’offres sera lancé pour sélectionner les lauréats ?
Jordy Chan : « Il y aura bien entendu un appel à candidature. »

TNTV : La question de la sécurité reste centrale, on l’a dit. Aujourd’hui, le sentiment d’insécurité peut dissuader les familles comme les visiteurs. Est-ce que le réaménagement suffira ou faudra-t-il aussi un vrai dispositif social et sécuritaire ?
Jordy Chan : « Pour ce qui concerne la problématique de la sécurité dans la ville, c’est une problématique qui est prise à bras-le-corps par la commune de Papeete. Mais pour ce qui concerne le site de la place Vaiete en tant que tel, il sera gardienné. »

TNTV : Toujours à Papeete, d’autres importants travaux sont prévus. Le creusement de la passe pour permettre l’approvisionnement par des cargos plus importants. Face à l’inquiétude sur l’impact environnemental, le port autonome a annoncé un appel à projets de 160 millions de francs pour des mesures compensatoires. Depuis cette annonce, y a-t-il eu des avancées ?
Jordy Chan : « Oui, il y a eu plusieurs rencontres qui se sont tenues entre le port et les associations pour prendre en compte au maximum les doléances de celles-ci et adopter toutes les précautions et l’attention qui se doit afin de préserver notre environnement. »

TNTV : Est-ce que vous pouvez assurer aujourd’hui que les mesures compensatoires pensées seront à la hauteur de l’impact réel des travaux ?
Jordy Chan : « Ce que je peux dire, c’est que l’approfondissement de la passe de Papeete est nécessaire pour une raison simple : si on n’approfondit pas, on va avoir une augmentation du coût de la vie sur la Polynésie. Après, c’est également le site qui présente l’impact minimum sur l’environnement pour pouvoir assurer la continuité du trafic maritime avec des navires qui vont devenir de plus en plus gros au cours des prochaines années. C’est la raison pour laquelle on priorise ce site-là (…). Le site est déjà très dégradé, on va adopter également des mesures compensatoires pour compenser l’impact sur l’environnement au maximum possible. »

TNTV : La zone urbaine de Papeete continue de se développer, pourtant elle est saturée, paralysée par la congestion routière. C’est dans ce contexte que le gouvernement porte un projet de déconcentration vers la presqu’île. Pourquoi est-ce une priorité pour vous ?
Jordy Chan : « C’est une priorité car il est nécessaire aujourd’hui de réduire la congestion en zone urbaine et également de rééquilibrer le développement de notre territoire. Si on regarde les statistiques, il y a tous les jours près de 10 000 personnes qui partent du sud de l’île de Tahiti pour rejoindre la zone urbaine. Et ça, ça crée beaucoup de désagréments pour ces habitants puisqu’ils doivent se lever très tôt le matin, souvent à 3 heures du matin, pour éviter la congestion, ou alors ils se coltinent plus de 2 heures de congestion tous les jours. Donc ce qu’on souhaite, c’est justement créer de l’activité autour de Taravao, autour de la Presqu’île, la rendre agréable en aménageant des espaces publics, des accès à la mer, mais également des infrastructures de santé, de sport, de culture. C’est un projet interministériel que le gouvernement mène qui vise justement à transformer l’agglomération de Taravao, à la fois pour y créer de l’emploi et également pour la rendre agréable à vivre. »

TNTV : Une des autres réponses à la congestion routière, ce sont les transports en commun. Le dernier rapport de la CTC (Chambre territoriale des comptes), dresse un constat très mitigé sur la délégation confiée à la société RTCT : des progrès, notamment avec le renouvellement de la flotte des bus, mais une offre encore insuffisante, notamment le soir et le week-end, et une accessibilité à revoir pour les personnes à mobilité réduite. Comment inciter à mieux faire ?
Jordy Chan : « Ce qu’a constaté la CTC, c’est qu’il n’y avait eu aucun contrôle depuis le début de la délégation de services publics au 1er janvier 2019 jusqu’à notre arrivée au 15 mai 2023. À partir du moment où notre gouvernement a pris place, nous avons mis en place plus de 6 contrôles qui ont permis, notamment, de mettre en place une nouvelle billetique sur laquelle est basée la réforme tarifaire des transports en commun, qui a permis de baisser de manière substantielle le tarif des bus, qui a permis également de remplacer des vieux bus qui circulaient sur le réseau routier et qui ne devaient plus circuler, notamment sur la commune de Faa’a, ce qui a permis également d’afficher les horaires des bus sur plus de 200 arrêts de bus sur lesquels il n’y avait pas d’horaire qui était affiché. Ce qu’on va faire, c’est une partie des améliorations qui ont été apportées, c’est encore renforcer le contrôle au cours des années futures afin d’améliorer la qualité de service pour les usagers. »

TNTV : Il y a une autre question qui a fait l’actualité aussi ces derniers mois. Le permis moto est à l’arrêt, c’est un énorme problème. Quelles solutions à venir ?
Jordy Chan : « On va aménager une piste de contrôle technique au niveau du site de Taaone qui est affecté aujourd’hui à la direction des transports terrestres. C’est le site où on fait passer le permis B à la population. Les travaux sont prévus d’être mis en œuvre au cours des prochains mois. »

TNTV : Les auto-écoles disent que ce site est trop petit.
Jordy Chan : « Le site va être adapté pour le passage du permis moto. Ensuite, le site d’entraînement pour le passage du permis moto, lui, pourra être conservé au niveau de Pater. »

TNTV : Autre actualité marquante à Raiatea, des habitants se sont mobilisés pour dénoncer le non-respect des règles de mouillage. Certains plaisanciers jouent le jeu, d’autres restent installés durablement. Cela crée une vraie colère. Les agents de la DPAM ne peuvent pas être partout. Quelle est la solution ? Plus de contrôles, plus de sanctions ou une autre forme de collaboration avec les communes ?
Jordy Chan : « C’est un peu tout. La DPAM, qui est un service sous ma tutelle, mène un programme qui s’appelle ESCALES. C’est un téléservice qui permettra de rendre obligatoire la réservation des zones de stationnement pour les voiliers dans nos lagons à l’avance, avant qu’ils n’arrivent dans nos eaux. Cela sera réglementaire et obligatoire. Ce dispositif devrait être couplé avec un renforcement du contrôle. Pour cela, on a sollicité l’avis de l’État sur un projet de réglementation qui permettra de fixer des amendes forfaitaires aux contrevenants s’ils ne respectent pas les zones de mouillage en question. C’est un avis qu’on attend de l’État depuis 2021. On a relancé plusieurs fois l’État à ce propos, mais on espère avoir une réponse bientôt. »

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