Marc Vella, le pianiste nomade qui fait voyager l’amour jusqu’aux Tuamotu

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Depuis plus de vingt ans, Marc Vella parcourt le monde avec son piano pour transmettre un message de paix et de fraternité. Après avoir traversé 29 pays, le musicien français a posé ses valises en Polynésie, où il sillonne les Tuamotu à bord d'un catamaran. Invité sur le plateau de TNTV, il revient sur ses rencontres, ses émotions et sa philosophie de vie.

Un piano, des rencontres et un message universel. Depuis 2004, Marc Vella sillonne la planète avec sa « Caravane amoureuse », un projet artistique et humain destiné à promouvoir la paix et le partage à travers la musique. De l’Europe à l’Asie, en passant par l’Afrique et les Amériques, le pianiste nomade a déjà parcouru 29 pays. Pour sa 30e aventure, c’est en Polynésie française qu’il a choisi de poser son piano.

Arrivé sur le territoire le 20 septembre, le musicien a cette fois troqué les routes pour l’océan. À bord d’un catamaran, il parcourt les Tuamotu à la rencontre des habitants. Première escale : Makemo, où il a été accueilli en musique par les élèves du collège et de l’école primaire.

 

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Au fil de ses rencontres, Marc Vella invite petits et grands à s’installer à ses côtés, devant son piano. Nul besoin de savoir jouer : l’objectif est avant tout d’oser, de prendre confiance en soi et de découvrir sa propre sensibilité musicale. Une expérience qui réserve parfois de belles surprises.

Pour celui qui se fait appeler « le pianiste nomade », la musique est bien plus qu’un art : c’est un langage universel, capable de rapprocher les êtres humains au-delà des frontières et des différences. Une philosophie qu’il résume par cette formule : mettre en lumière « le cœur de l’homme, patrimoine de l’humanité ».

De retour des Tuamotu, Marc Vella était l’invité de TNTV. L’occasion d’évoquer son voyage au fenua, sa vision du monde et cette « guérilla des bisous » qu’il entend mener à travers la planète :

Tahiti Nui Télévision : Marc Vella, pianiste nomade et fondateur de la Caravane Amoureuse, ia orana, merci d’être avec nous.
Marc Vella, pianiste : « Bonsoir Mika. »

Vous êtes en Polynésie depuis le 20 septembre. Quelles ont été vos premières impressions en venant ici ?
« C’est une grande émotion d’être ici, tu sais, la Polynésie, ça fait rêver en Europe, les Français tout le monde… Quand j’ai dit je vais en Polynésie, les yeux pétillent. Je suis très impressionné d’être là, de rencontrer un peuple fascinant. Les Polynésiens ont quand même conquis l’océan Pacifique avec leur pirogue. Moi j’ai voyagé à travers le monde, ma pirogue, c’était le piano. Je trouve qu’on a des similitudes, donc je suis très honoré d’être là et de vous rencontrer. »

La musique tient une place très importante ici en Polynésie, dans la société. Est-ce que vous l’avez très vite remarqué et est-ce que cela a facilité votre accueil ?
« Oui, la musique est très présente évidemment, c’est ce qui explique peut-être aussi pourquoi, enfin ce que je trouve, ce que je sens, parce que j’ai voyagé beaucoup avec mon piano à travers le monde. J’ai fait ça pendant 40 ans mon petit, j’ai commencé j’avais 24 ans et j’en ai 65, mais je trouve qu’il y a une joie, une sorte de douceur, il y a bien sûr des détresses, des blessures comme partout, mais je sens une profondeur vraiment exceptionnelle, c’est quelque chose qui me touche beaucoup et à travers vos symboles, à travers je dirais cette culture qui est très enracinée, qui est très présente, qu’il faut défendre, protéger, ça me semble important. »

Vous revenez des Tuamotu, vous avez voyagé sur un catamaran, joué sur un atoll avec le vent, le sable, l’humidité… avec les requins aussi ! Est-ce que ça change ?
« Les requins sont venus, c’était incroyable, les requins pointe noire, on avait fait cette expérience et j’ai joué du piano sur le catamaran et les requins, vraiment, est-ce que c’est le hasard, une coïncidence, la chance ? Mais il y a eu vraiment une interaction, enfin pour moi en tout cas, on a filmé ça, on avait une bonne quinzaine de requins autour de nous. Quand j’ai arrêté, ils sont partis. »

Capture d’écran @JT de TNTV

Vous êtes à l’origine de la Caravane amoureuse, d’où vient ce concept, cette idée ?
« J’ai eu la visite en France il y a quelques années des RG, des renseignements généraux, ils voulaient savoir ce que c’était que la Caravane amoureuse, ils avaient un manteau noir, le masque noir, parce que c’était le Covid, une mallette noire. Je leur ait dit entrez messieurs, vous voulez un café noir, enfin bon, pour me mettre dans l’ambiance. Ils m’ont demandé ce que c’était. Je vais vous répondre, c’est l’invasion amoureuse des autres pays en adoptant la stratégie de la guérilla des bisous. »

Et c’est quoi la guérilla des bisous ?
« Alors, ça peut prêter un sourire, ça peut sembler être ridicule, mais l’histoire humaine, ce sont des massacres. Ce sont des massacres. C’est absolument terrifiant je trouve, des génocides qui se sont succédés, des civilisations qui ont été détruites, parce qu’on n’a pas été capable d’exprimer l’émerveillement de l’autre, comme si c’était coupable. Par contre, s’entretuer, s’étriper, ça, il n’y a pas de problème, esclavagiser l’autre, le soumettre, je trouve ça abominable, et pourquoi on n’irait pas, voilà, vers l’autre en lui disant, waouh, tu es magnifique. »

Justement, votre projet s’inscrit dans la décennie de la culture de la non-violence de l’UNESCO. Qu’est-ce que ça veut dire pour vous, qu’est-ce que vous voulez apporter au monde ?
« Oh là là, comme vous l’avez dit au début de l’émission, ça fait 20 ans que je fais ça. On a conquis amoureusement, entre guillemets, une trentaine de pays, et le monde s’est aggravé. Donc voilà, il faut rester humble. Moi ce que je sais, c’est que c’est une douce folie, celle d’imaginer, voilà, d’envahir le monde amoureusement, c’est merveilleux. On a fait plusieurs films avec mon caméraman, ça fait 20 ans qu’il vient avec moi, Hubert Lagente, et ce sont des images merveilleuses, voilà, à travers la Syrie, le Liban, la Turquie, le Népal, etc.. Il y a une trentaine de pays, et ce ne sont que des images de joie. »

Vous parlez aussi de l’importance des fausses notes, qu’est-ce que ça veut dire ?
« Les fausses notes, je dirais que c’est le synonyme du mot vie. Qui n’a pas commis dans sa vie des fausses notes, hein, ma chère Mika ? Qui n’en a pas subi, non plus ? Et on est là, dans nos sociétés, à dire que c’est grave. Il y a comme une sorte de réponse hystérique. En France, particulièrement, je trouve, on devrait faire une BD qui devrait s’appeler Hystérix, le gaulois. Parce que la réponse à la dissonance humaine devient une violence qui fait qu’aujourd’hui, on est presque au bord d’une troisième guerre mondiale. Mais la fausse note, c’est la vie !
En tant que musicien, moi, je suis compositeur, Prix de Paris et Premier Prix de Composition à Rome, la fausse note, j’ai compris que s’il n’y a pas de fausse note, il n’y a pas de musique ! Chez Bach, il y a des dissonances, chez Mozart, chez Beethoven, mais aussi dans les musiques arabes, dans les musiques indiennes, en fait, dans toutes les musiques du monde, chez les Djélis, les Griots, la musique polynodienne, il y a de la dissonance. Et quel est l’intérêt pour le musicien ? C’est d’harmoniser la dissonance.
Donc, nous, dans nos vies, quand il y a des fausses notes, ça prend des proportions, ‘c’est grave, de toute façon, t’es toujours comme ça’, et on envoie des phrases extrêmement violentes, extrêmement toxiques, qui blessent les égaux et qui fait qu’on rentre dans une sorte de surenchère de violence au lieu d’en rire. Voilà, bien sûr que nous sommes maladroits, et je dirais que même cette défaillance, elle est quelque part presque un cadeau d’humanité. Le sens de la vie, je conclurai, parce que je vois que c’est pressé, le sens de la vie, nous sommes là pour, Mozart nous le dit, harmoniser la dissonance, et c’est ce que je vais enseigner, à travers des conférences et des rendez-vous en individuel, c’est ce que je vais enseigner pendant un mois aux Polynésiens. »

Merci beaucoup, Marc Vella, d’avoir accepté notre invitation.
« Merci de m’avoir reçu, je suis trop honoré. »

Le programme de Marc Vella :

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