Vingt minutes de briefing, une inspection de l’avion, et le Falcon 50 M Triton de la flotille 25F est prêt pour une mission aux Tuamotu. Tainui Atea et ses cinq millions de km² d’Aire marine protégée (AMP) sont interdits aux navires de pêche étrangers.
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Depuis le ciel, l’appareil permet de surveiller l’ensemble de la zone. Pourtant, les infractions liées à la pêche étrangère restent rares dans les eaux polynésiennes.
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« Depuis une vingtaine d’années, il n’y a pas d’infraction particulière, on ne retrouve aucun pêcheur étranger dans la ZEE française. Le dernier qu’on a retrouvé, c’était en 2007, il y a près de 20 ans », explique le lieutenant de vaisseau Edouard, chef de bord et commandant d’aéronef.
Les pêcheurs étrangers se massent à la frontière nord des eaux polynésiennes, mais ne viennent qu’en transit ou pour des maintenances. L’équipage surveille également le comportement des poti marara. Ils n’ont pas le droit d’approcher à moins de 100 mètres des DCP, les dispositifs de concentration de poisson. Aujourd’hui, aucune infraction sur la zone sensible de la biosphère de Fakarava.


Le Falcon 50 traque aussi bien les pêcheurs indélicats que les dégazages en mer ou les braconniers de tortues. Il intervient également dans d’autres opérations, notamment dans la lutte contre le narcotrafic.
« C’est un avion multi-missions de la Marine nationale : il peut agir dans le cadre de la pêche illicite, de la protection de l’environnement marin, des activités illicites comme le narcotrafic. Il a d’ailleurs été utilisé dans chacune des opérations de narcotrafic en début d’année, qui nous ont permis de saisir près de 12 tonnes de cocaïne. Mais également dans le cadre de la police des pêches », détaille le commissaire en chef Alban, chef du bureau d’action de l’État en mer en Polynésie française.
À bord, le radar permet de détecter un DCP ou des navires à des dizaines de kilomètres. Au moindre doute, le Falcon s’approche. Grâce à la caméra située sous l’avion, l’opérateur « Situation Tactique » peut filmer une zone précise à explorer. Mais la mission peut changer à tout moment.

« Même si on est sur la biosphère de Fakarava, on reste en patrouille maritime : on peut trouver des traces de pollution aussi bien qu’on peut nous signaler un homme à la mer qu’il faut aller secourir en larguant un radeau de survie », précise maître Baptiste, opérateur situation tactique.
Des radeaux de survie peuvent être largués en mer près d’un naufragé, en ouvrant une trappe au sol de l’avion. Une capacité supplémentaire qui illustre la polyvalence de l’appareil, au-delà de ses missions de surveillance.


Malgré leurs capacités, les Falcon 50 ne devraient rester que trois ans de plus en Polynésie. En 2030, ils devraient être remplacés par d’autres avions, encore plus performants.



