Le Casa célèbre ses 30 ans « au service de la population » polynésienne

Publié le

Il s’est posé pour la première fois en 1996 en Polynésie et sa silhouette est aujourd’hui familière aux habitants du fenua. L’avion Casa des forces armées célèbre, ce mercredi, ses 30 années de présence sur le territoire. Ce « couteau suisse » est parfaitement « adapté » à la géographie et aux spécificités locales, car il dispose d’un long rayon d’action et a la capacité de se poser sur des pistes courtes, même de nuit et sans éclairage. Chaque année, son équipage mène une cinquantaine de missions, notamment des évacuations sanitaires qui permettent de sauver des vies.

Il y avait du monde, ce mercredi matin, à la base aérienne 190 de Faa’a. Les forces armées ont mis les petits plats dans les grands pour fêter les 30 ans de présence du Casa dans le ciel polynésien. Au programme : démonstrations des capacités de l’appareil et largage de parachutistes aux couleurs tricolores, associées à celles du fenua.

Depuis 3 décennies, le Casa effectue des missions de surveillance, de transports au profit de l’armée, mais aussi et surtout de secours et d’assistance « au service de la population », souligne le lieutenant-colonel John Charmeteau, le commandant de la base aérienne.

« Derrière cet engagement, il y a des hommes et des femmes et cette cérémonie met en valeur toutes celles et tous ceux qui travaillent pour cet engagement (…) Ils contribuent à ce que ces avions soient toujours disponibles pour toute la Polynésie française », ajoute le haut gradé.

Le Casa est d’ailleurs parfaitement « adapté » aux contrainte polynésiennes, explique le comandant Alex, le chef de l’escadron.

« Sur les 118 îles, il y en a environ une cinquantaine avec des aéroports. Et plus de la moitié ne sont pas éclairés la nuit. C’est là qu’intervient le Casa », explique-t-il.

Car malgré la taille imposante de l’appareil, il est en mesure de se poser sur de très courtes pistes et de nuit, sans éclairage. Des capacités dont ne disposent pas les avions de secours civils.

« Le Casa, c’est vraiment le couteau suisse en Polynésie », sourit le commandant Alex, « on peut l’utiliser pour des missions très différentes » : « Il peut aussi aller à l’autre bout de la Polynésie française, en allers-retours, sans faire le plein de carburant ».

L’escadron comprend 2 appareils basés au fenua sur lesquels opèrent en permanence 26 hommes et femmes. Parmi eux : le sergent-chef Haumatatua, mécanicien, qui fait part de sa « fierté » d’œuvrer sur Casa.

« Je voulais travailler sur des appareils de transport, car avec les avions de chasse, tu n’es jamais à bord. Dans un avion de transport, tu fais partie de l’équipage (…), tu effectues des missions avec eux », souligne le sous-officier. Et sa présence est particulièrement utile lors des évasan dans les îles éloignées.

« Le fait d’avoir un Tahitien à bord quand l’avion revient avec des malades, je suppose que cela leur fait du bien. Je leur parle tahitien car il y a des anciens qui ne comprennent pas le français. Ça apporte un petit quelque chose », dit-il.

Le commandant Alex, lui, garde en mémoire une intervention « marquante ». A Raivavae (Australes), l’équipage a assuré l’évacuation d’un nouveau-né en détresse respiratoire et a ainsi contribué à lui « sauver la vie ».

A l’heure actuelle, il n’est pas prévu que la Casa soit remplacé par un avion davantage moderne. « Il est à son âge mûr. 30 ans, c’est l’âge du plein accomplissement », glisse le lieutenant-colonel John Charmeteau selon lequel l’appareil devrait être encore présent durant au moins une dizaine d’années en Polynésie.

Mais il sera prochainement modernisé. Son tableau de bord, encore composé d’instruments à aiguilles, sera ainsi remplacé par des écrans numériques.

Reste aussi que son utilisation évolue au fil du temps. Ce mercredi, lors d’une démonstration, des quads ont été déployés depuis sa soute. « Une nouvelle capacité », se félicite le lieutenant-colonel John Charmeteau, qui permettra de « porter secours » à des victimes « en montagne ou dans des zones difficilement accessibles ».

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son