Chaque semaine, des milliers de personnes consultent LEXPOL pour suivre l’actualité réglementaire et juridique de la Polynésie française. Derrière cette plateforme officielle, administrée par le secrétariat général du gouvernement, une cellule dédiée œuvre depuis deux ans à la traduction des textes en langue tahitienne. À ce jour, près de 900 textes sont déjà accessibles.
Depuis le 14 juillet, un document emblématique est venu enrichir cette bibliothèque numérique : la Constitution française.
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« La traduction de la Constitution est symbolique puisqu’elle a été diffusée le 14 juillet, c’est important. C’est le texte le plus élevé dans la hiérarchie des normes de la République. C’est là que ça devient intéressant. C’est que le tahitien a pu investir ce périmètre. Certes, la Constitution est importante, mais peu de monde la lit, qu’elle soit en français ou en tahitien. Pour autant, tous les textes que l’on a traduits jusqu’à aujourd’hui intéressent le quotidien des Polynésiens », explique Philippe Machenaud, secrétaire général du gouvernement.
Au-delà des manifestations culturelles comme le Heiva ou de la musique, qui contribuent au rayonnement des langues polynésiennes, l’administration entend elle aussi participer à leur préservation et à leur développement. Sans moyens supplémentaires dédiés, l’équipe chargée des traductions s’appuie sur l’engagement de ses membres.
« Cela a été difficile, surtout pour le lexique juridique, les concepts juridiques, qui n’existent pas en langue tahitienne. Déjà, il a fallu en amont chercher la définition et voir ce que le tahitien proposait et l’adapter au tahitien pour, quand même, rester fidèle au texte. On y est arrivé, et on marque l’histoire avec tous ces écrits en langue tahitienne », souligne Gladys Piokoe, cheffe de projet.



À terme, le secrétariat général souhaite ouvrir davantage ce travail collaboratif. « Nous allons développer des outils informatiques de sorte que tout le monde, et pas forcément l’administration, puisse participer à la traduction des textes juridiques », ajoute Johan Touatekina, responsable de la cellule d’accès au droit.
La traduction de la Constitution s’inscrit dans une démarche entièrement numérique. Les textes publiés sur LEXPOL sont disponibles exclusivement en ligne, dans un environnement entièrement dématérialisé.
« Le secrétariat général a dématérialisé la totalité de ses missions. Derrière ça, on n’a pas juste traduit des textes du papier à du Word qu’on a mis dedans, non. On a un outil de gestion de l’affaire qui gère le réseau puisqu’on a aussi 21 correspondants dans les services, des monsieur Tout-le-monde, il n’y a pas de champions du monde qui sont là. Ce qui est important dans notre projet, c’est qu’on ne s’arrête pas au tahitien. On travaille aussi avec les Marquisiens. On a mis en place un lexique, ils ont aussi l’outil pour participer. Et on espère bien que ça crée des vocations chez les Pa’umotu, ou n’importe quelle autre langue pratiquée en Polynésie française », précise Philippe Machenaud.
Avec bientôt un millier de textes traduits en tahitien, la cellule poursuit son travail. Il lui reste toutefois un vaste chantier : près de 39 900 autres textes publiés au Journal officiel attendent encore d’être traduits.




