Il y a 182 ans, plus de 150 personnes perdaient la vie dans la bataille de Mahaena

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Le 17 avril sera célébré le 182e anniversaire de la Bataille de Mahaena, devant la stèle de Anapu. Une bataille frontale inédite pour l’époque, entre les garnisons françaises et les Tahitiens. L'historien Jean-Christophe Shigetomi revient pour nous sur cette période.

15 avril 1844 : 440 hommes, marins et voltigeurs français, arrivent au large de Mahaena à bord de 3 bâtiments : le vapeur Phaeton, les voiliers Uranie et Clémentine. La troupe est commandée par le gouverneur français Armand Bruat.

Les bombes arrivent du large et maintiennent 900 Tahitiens dans 3 tranchées de deux mètres de profondeur… et le 17 avril aux aurores, les Français débarquent sur la côte sud. « La mer est agitée. Ce n’est pas facile. Certains canots sont même drossés sur des récifs, raconte l’historien Jean-Christophe Shigetomi. Mais on sait qu’il y a une petite partie récifale par là. Ils débarquent. Bien sûr il y a quelques Tahitiens qui leur tirent dessus. Ils ne peuvent pas riposter parce que leur poudre est mouillée. Les ordres étaient de gagner le monticule. Le premier qui était de face, pour pouvoir l’occuper et protéger le débarquement qui se fait à partir de l’aube jusqu’à, à peu près 11 heures. »

Leur avancée est ralentie par le transport des pièces d’artilleries et une végétation dense. Surtout des goyaviers. Les Français arrivent au camp des Tahitiens et tombent nez à nez avec le drapeau de la reine Pomare et non celui du protectorat.

La garnison est renforcée par des Tahitiens comme Rava’ai, chef de Mataiea. Il arrache le drapeau sous une pluie de balles. Les soldats continuent d’avancer et arrivent à la première « redoute ». « La fusillade est vive. À un tel point que les Français occasionnent leurs premières pertes. Ils ont deux officiers mortellement tués. Nansouty, qui donnera son nom à un îlot sur lequel il sera inhumé, un officier d’artillerie qui est tué, et beaucoup sont blessés. Ce qui va permettre de l’emporter c’est qu’ils ont réussi à placer des pièces d’obusier en biais, en latéral, et ils vont y aller à la mitraille et décimer les rangs tahitiens. »

Malgré les armes des Anglais et le soutien de quelques déserteurs français, les guerriers tahitiens battent en retraite après 4h30 de combat. Une centaine de Tahitiens et une cinquantaine de soldats français perdent la vie dans cette bataille.

Beaucoup sont inhumés sur place. Pour Jean-Christophe Shigetomi, les Tahitiens étaient plus nombreux et auraient pu remporter cette bataille s’ils avaient été préparés par des militaires. Mais cette demi-victoire fait comprendre à Bruat la nécessité d’attendre des renforts avant de continuer la guerre. Elle ne s’achèvera qu’en 1847.

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