Fakarava sous tension face à l’afflux croissant de voiliers

Publié le

Classé réserve de biosphère par l’Unesco, l’atoll de Fakarava attire chaque année davantage de plaisanciers. Mais la multiplication des voiliers et le non-respect des règles de mouillage suscitent des tensions croissantes parmi les habitants et la municipalité.

À Fakarava, aux Tuamotu, la présence grandissante des voiliers de passage alimente le débat. Si l’atoll séduit de plus en plus de plaisanciers, certains habitants dénoncent aujourd’hui les conséquences de ce tourisme nautique sur le lagon, le cadre de vie et la tranquillité du village.

Officiellement, une quarantaine de corps-morts sont installés pour accueillir les bateaux, avec une durée de séjour limitée à 48 heures. Mais sur le terrain, ces règles sont de moins en moins respectées.

De nombreux voiliers mouillent désormais en dehors des zones prévues, parfois à proximité directe du rivage. Une situation qui irrite une partie de la population. « Il y en a qui sont contre, car ils tiennent à leur intimité, et il y en a beaucoup dans le village qui vivent en bord de mer et ils aimeraient voir le lagon plutôt que des voiliers », confie James Mairoto, habitant de Fakarava.

En cette période pourtant encore éloignée de la haute saison, les voiliers sont déjà nombreux. « Ce n’est pas encore la haute saison, et il y a déjà environ 70 voiliers. Imaginez un peu à la haute saison, il y en aura encore plus. C’est vraiment un problème », déplore Diana Teiva, deuxième adjointe à la mairie.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

La municipalité, qui perçoit la taxe de séjour, reconnaît être dépassée face à l’ampleur du phénomène et aux plaintes répétées des riverains. « Ils ne sont pas contents parce que les voiliers ne respectent par le rivage, c’est-à-dire être à 300 mètres du rivage. Et parfois ils se déshabillent devant les villageois, et cela les met en colère. Alors ils prennent leur paddle, et ils rament vers les voileux et ils les chassent », explique l’élue.

Pour certains habitants, le manque de contrôle aggrave la situation. « Il n’y a pas de contrôles de ces voiliers, il n’y a pas de surveillance, et c’est comme ça qu’on arrive à certains problèmes, à des voiliers qui empietent sur les zones réserves et tout ça parce qu’ils manquent d’informations », admet Ato Lissant, habitant de Fakarava.

Face à ces tensions, élus et population demandent désormais un encadrement plus strict afin de préserver l’équilibre fragile de l’atoll, tout en maintenant l’accueil des visiteurs.

La semaine du 20 au 26 avril, la Direction polynésienne des affaires maritimes s’est rendue sur place pour tenter d’apporter des solutions à cette problématique devenue sensible.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son