Pour certains résidents de Nuutania, à Faaa, le simple fait de rentrer chez soi s’apparente depuis de longs mois à un véritable chemin de croix. En ce mois de juin, la situation n’a toujours pas évolué depuis l’adoption, en octobre 2024, d’un arrêté municipal interdisant la circulation entre la route de Nuutania et les huit logements du quartier, de l’autre côté de la Papehaua.
L’ouvrage menace de s’effondrer et, face à cette rupture de voirie qui s’éternise, les infrastructures locales contraignent les familles à emprunter des déviations de fortune. Chaque jour, les habitants n’ont d’autre choix que de contourner le pont pour s’engager, sur plusieurs mètres, sur une piste particulièrement rugueuse et dégradée. C’est au bout de ce tracé difficile que réside Jeanne Komoe, une habitante âgée de 70 ans.
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Pour cette femme âgée, chaque déplacement — notamment pour se rendre à ses rendez-vous médicaux — s’avère problématique. Pour quitter son domicile, elle n’a que deux options, toutes deux acrobatiques : utiliser la piste fortement détériorée, ou emprunter une échelle haute de cinq mètres afin de rejoindre un axe routier secondaire.


« J’ai grandi avec cette route-là. Il n’y a pas que moi, tous mes voisins subissent la même chose. Ils vivent la même situation que moi », déplore Tauhere, la fille de la septuagénaire. C’est pour ça que dès que je le peux, pour passer de bons moments avec elle, je viens la chercher. Mais elle est obligée de descendre ces temps-ci cinq mètres d’échelle, ou alors d’emprunter une route qui n’est pas sécurisée et qui est elle aussi très dégradée », explique-t-elle.
Et la mauvaise chute à prévoir n’a pas manqué d’arriver. Blessée à la cheville, l’aînée a dû être prise en charge par les sapeurs-pompiers. Désormais immobilisée, elle s’est vu notifier les consignes médicales d’usage : ne pas marcher. Une recommandation bien difficile à suivre dans un tel environnement.

Tauhere s’inquiète surtout de la gestion d’une éventuelle urgence vitale. Une préoccupation d’autant plus vive qu’elle réveille un précédent familial douloureux. « Il ne faut pas attendre que ce jour arrive. Ce serait la deuxième fois que je vivrais ça. Ma mère biologique est décédée parce que les secours n’ont pas pu arriver jusqu’à la maison. Ils ont dû passer par chez les voisins, ce qui a fait perdre un temps précieux. Au moment où les ambulanciers ont voulu la transporter, nous l’avons perdue » , assure-t-elle.
Pour l’ensemble des administrés installés au-delà de la rupture de voirie, il y a urgence. Les épisodes de fortes pluies du début d’année ont aggravé l’état du sentier alternatif.



