Tahiti Nui Télévision : Le gouvernement estime à peu près, donc à plus de 50 000, le nombre de Polynésiens en situation d’handicap ici en Polynésie. Vous, vous dites souvent qu’on ne peut pas parler d’inclusion sans rendre le handicap visible. Est-ce que le regard de la société polynésienne a changé depuis 2023 ?
Nathalie Salmon Hudry, déléguée interministérielle au handicap : « Je pense, je pense qu’en ayant une personne en situation de handicap au sein du gouvernement, ça donne quand même une visibilité. Mais au-delà de ça, je prends l’exemple des job dating qu’on a initiés depuis 2023 : on voit les entreprises de plus en plus nombreuses et qui nous sollicitent de plus en plus. Donc oui, on regarde comment ça a changé. »
TNTV : Alors, en parlant d’emploi en Polynésie, l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés concerne les employeurs d’au moins 25 salariés. Quel est aujourd’hui le taux d’emploi de travailleurs handicapés réellement atteint par nos sociétés ?
Nathalie Salmon Hudry : « Alors, c’est difficile de donner un chiffre précis qui soit réaliste parce qu’aujourd’hui, on a le dispositif SITH qui n’est qu’un stage et qui est préféré par les entreprises. Aujourd’hui, avec le gouvernement, on est en train de travailler sur un vrai dispositif d’inclusion et arrêter ces stages qui ne donnent rient de pérennes après. »
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TNTV : Et dans combien de temps ce plan sera mis en œuvre alors ?
Nathalie Salmon Hudry : « Ben là, il y a un projet toujours en cours par le ministère de l’Emploi. Ça dépend de l’actualité politique. Je ne peux pas avancer des dates. »
TNTV : Alors Nathalie, on se souvient, en décembre 2023, vous aviez fait parcourir le centre-ville en fauteuil roulant à tout le gouvernement. Et le président avait promis à ce moment-là de nouveaux aménagements. Deux ans après, est-ce que ces aménagements ont été réalisés ?
Nathalie Salmon Hudry : « Alors, ils ont été réalisés sur les axes dont nous avons la main. Je sais que l’accessibilité n’est pas encore idéale à Papeete. Mais c’est un travail qu’on doit faire avec la mairie. Parce qu’il y a des trottoirs qui appartiennent à la mairie. Il y a des trottoirs qui appartiennent au territoire. Donc il faut mutualiser et qu’on parte tous sur une même voie. »
TNTV : Alors, on sait aussi que l’accessibilité, c’est votre cheval de bataille. Vous travaillez conjointement avec Jordy Chan là-dessus. Mais avec le collectif budgétaire numéro 3, plusieurs projets d’infrastructures ont été rabotés. Est-ce qu’il y en a certains qui vous impactent directement ?
Nathalie Salmon Hudry : « Oui, alors le tout premier, ça serait le parc Phaeton. Pourquoi celui-ci ? C’est que, à mon sens, le public en situation de handicap à la Presqu’île a souvent été oublié. (…) Il faut vraiment se rapprocher de la ville pour avoir quelque chose. Et donc, ce projet-là me paraissait intéressant. Un autre projet qui m’attriste, mais je suis sûre que ce n’est qu’un report de l’Assemblée, c’est le terminal de Mamao, parce qu’effectivement, faire un parc à Mamao, c’est donner accès à la CPS, à la pharmacie… C’est un endroit stratégique quand on est PMR. J’espère vraiment que ces projets aboutiront. »
TNTV : Alors cette journée de vendredi invite aussi les aidants, ces personnes qui accompagnent au quotidien mais qui ne sont pas toujours reconnues. Est-ce qu’on peut dire que malheureusement, le handicap n’est pas vraiment une priorité que le jour où il touche un membre de notre propre famille ?
Nathalie Salmon Hudry : « Il n’est pas une priorité parce qu’il faut le vivre, le comprendre. »
TNTV : Est-ce que ce n’est pas quelque chose qui est handicapant aussi pour vous, de se dire que les gens ne se penchent pas sur ce sujet-là ?
Nathalie Salmon Hudry : « Après, chacun voit midi à sa porte, mais justement, tout l’enjeu de ces assises de l’inclusion, c’est de montrer la richesse de la différence. Et c’est la première fois dans notre pays qu’on aborde le handicap sur cet angle-là. On a toujours abordé le handicap sur l’angle social, sur l’angle de la santé. Or, le handicap, c’est avant tout des infrastructures, c’est aussi du logement, c’est aussi des logements. Et ces assises sont un point déterminant, à mon sens. »



