L’administration Trump s’en prend à la protection des espèces menacées

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L'administration de Donald Trump a encore réduit la portée des protections accordées aux espèces menacées, estimant que la mort accidentelle d'animaux protégés ne sera désormais plus considérée comme illégale, selon une note gouvernementale dont l'authenticité a été confirmée jeudi à l'AFP.

Cette nouvelle interprétation de l’Endangered Species Act, la principale loi américaine de protection de la faune, exclut désormais les morts d’animaux causées de manière indirecte par certaines activités humaines, comme la pêche commerciale ou l’exploitation forestière. 

« Ce que propose l’administration Trump va porter un coup au cœur même » de cette législation, a déclaré à l’AFP Gib Brogan, directeur de campagne pour la pêche au sein d’Oceana, qui souligne que cette loi a permis pendant plusieurs décennies de trouver un équilibre subtil entre besoins économiques et protection de la nature.

 

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Dans le détail, la note datée du 14 septembre, publiée par l’ONG Center for Biological Diversity, redéfinit la notion de « prise » (« take »), un terme juridique qui recoupe le fait de poursuivre, tuer ou capturer une espèce. Cette notion est désormais limitée à un « acte intentionnel dirigé contre un ou plusieurs animaux ».

Cette décision, révélée par le New York Times, s’appuie sur une opinion dissidente du juge de la Cour suprême Antonin Scalia dans une affaire de 1995 portant sur cette question.

« Un navire qui percute accidentellement une baleine ne l’a pas « prise », puisque sa trajectoire n’était pas dirigée contre la baleine », affirme le document, citant l’ancien magistrat conservateur, aujourd’hui décédé.

« Abattre un arbre ne constitue pas une « prise » des chauves-souris qui y nichent, sauf si l’arbre est abattu dans le but de les tuer ou de les capturer », poursuit-il.

Baleines menacées

Le texte est signé par Brian Nesvik, directeur de l’agence fédérale en charge de la préservation de la faune aux Etats-Unis (FWS). 

« Cette note reflète fidèlement les orientations » de l’agence, a indiqué le ministère chargé de la gestion des terres fédérales, confirmant à l’AFP l’authenticité du document.

Les organisations de protection de l’environnement ont vivement dénoncé cette décision, faisant valoir que la plupart des menaces pesant sur les espèces menacées ou vulnérables ne découlent pas de la chasse directe, mais d’activités autorisées par les autorités fédérales.

« Ces changements bouleversent l’équilibre établi par l’Endangered Species Act entre activité économique et protection nécessaire de la faune, poussant certaines espèces au bord de l’extinction », a déclaré Beth Lowell, vice-présidente de l’ONG Oceana.

Selon l’organisation, la baleine franche de l’Atlantique Nord – dont les principales causes de mortalité sont les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans les engins de pêche – est particulièrement vulnérable face à cette nouvelle interprétation. Il n’en subsiste qu’environ 380 individus.

L’administration Trump avait déjà adopté plusieurs règles affaiblissant la protection des espèces en danger.

L’une a affaiblit la protection des habitats. Une autre a mis fin à la règle accordant automatiquement des protections prévues pour les espèces en danger à celles simplement classées comme « menacées ». Une troisième impose désormais au gouvernement de prendre en compte les conséquences économiques et les enjeux de sécurité nationale lorsqu’il décide de désigner une zone comme « habitat critique ».

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