Gestes sûrs, uniforme impeccable, Temanuarii Hunter s’affaire en salle aux côtés de ses collègues. À 20 ans, le jeune homme, porteur d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA), fait désormais pleinement partie de l’équipe d’un hôtel de la côte Est. Après six mois de stage, il vient d’y décrocher son premier CDI.
« Tout le monde est sympa, tout le monde m’a bien accueilli quand je suis arrivé. On m’a dit que j’étais gentil, que j’étais serviable. J’ai aidé les gens quand j’arrivais le matin. Je leur ai dit bonjour à tous, à mes collègues », raconte-t-il.
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Une intégration réussie, également saluée par Heiata Teinauri, maître d’hôtel au restaurant de l’établissement. « Service client, relationnel. Je n’ai rien à dire. Temanuarii, ce n’est pas quelqu’un qui a honte. Donc moi, je l’encourage à continuer dans cette voie-là. Et on est tous avec lui. »
Quatre mois de formation avec le dispositif Colibris
Avant d’intégrer l’hôtel, Temanuarii a suivi le dispositif « Colibris », dispensé par l’association Te Vai-ete et porté par le père Christophe et le Campus des métiers et des qualifications du Pacifique. Cette formation de quatre mois s’adresse à des jeunes en situation de handicap cognitif et vise notamment à les préparer au monde professionnel.
« Ils apprennent des techniques, une façon de se comporter, les échanges qu’ils pourraient avoir avec la clientèle, avec les autres salariés. Ils apprennent à travailler en équipe, dans un environnement qui peut être exigeant physiquement et autre. Donc oui, ils apprennent tout ça. Pour des gens qui ont peut-être du mal à exprimer ce qu’ils ressentent, c’est un gros challenge », explique Stéphane Detriche, responsable des ressources humaines de l’hôtel.
L’arrivée de Temanuarii a aussi conduit ses collègues à adapter leur manière de travailler et de manager. « La relation avec une personne qui sort de l’ordinaire, pas forcément différente, mais qui sort de l’ordinaire, aux équipes, ça apporte une certaine sérénité, une certaine retenue. Et le fait que Temanuarii, il ne peut pas tricher. Il est honnête avec ses émotions. Donc forcément, avec les gens avec qui il fait face, on ne peut pas tricher non plus. »
Au total, six personnes en situation de handicap travaillent aujourd’hui dans l’hôtel. Pour Temanuarii, dont le prénom signifie « l’oiseau royal » en tahitien, ce premier CDI marque surtout le début de son envol professionnel.



