La scène a été filmée et partagée plus de 100 000 fois sur les réseaux sociaux. Attendue à la sortie d’une crêperie par un jeune homme, une cliente raerae a reçu un violent coup de pied en plein visage. Une altercation qui a choqué les internautes et le président de l’association « Cousins Cousines de Tahiti » Karel Luciani. Ce dernier s’est associé à la plainte déposée par la victime, ce mardi soir.
Tout est parti de moqueries lancées par « une voiture avec 5 jeunes » aux abords du restaurant, se souvient Maeva*. Les protagonistes se retrouvent ensuite nez à nez dans la crêperie, et les moqueries fusent de part et d’autre. « En les voyant, ça m’a dérangé et je me suis permise d’aller les taquiner » avec des « petites provocations […] mais pas d’insultes » , précise Maeva. Alors que le ton monte, le gérant des lieux, seul aux fourneaux, lui demande de partir avec sa commande, ce qu’elle fait.
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L’auteur de l’agression, un autre jeune présent à la crêperie, lui aurait répété de « dégager » et « ne pas rester là » . Des avertissements auxquels elle dit n’avoir pas prêté attention. C’est en sortant après avoir récupéré sa commande qu’il lui a lancé le coup de pied, filmé par une autre personne. Elle est alors vite rentrée chez elle, sans rien dire. « Personne n’est venu me voir » , regrette Maeva, qui « avait peur » que la situation empire. Ce n’est qu’avec l’ampleur prise par la vidéo et le soutien de ses parents qu’elle a décidé de s’adresser à la justice.
Pour le restaurateur, c’est la stupéfaction. « C’est la première fois que cela arrive. C’est inacceptable » , souffle-t-il. « Nous adultes, on doit apprendre aux jeunes à respecter les autres » . S’il soutient la plainte de la victime, il ne souhaite pas mener d’action en justice.
« Ce que l’on m’a fait, c’est intolérable »
Quant aux raisons qui l’ont poussée à porter plainte, Maeva souligne la violence de l’agression et souhaite envoyer un message aux autres raerae victimes de violences psychologiques : « Ce que l’on m’a fait, c’est intolérable, marque-t-elle. C’est aussi pour défendre la cause des transgenres de nos jours que je veux aller au bout de ma plainte » .
Cinq jours plus tard, elle dit aller bien physiquement mais être atteinte moralement, vis-à-vis « des propos et des regards des gens » . Si elle n’a « aucune nouvelle » de son agresseur , elle espère qu’il « assumera ses actes » , conclut-elle.
*Les prénoms ont été modifiés



