À Papeete, la Papeava curée avant la saison des pluies

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Une opération de curage est en cours sur un tronçon de 200 mètres de la Papeava, en amont de la zone industrielle de Fare Ute. Boues, végétaux et déchets sont retirés afin de faciliter l’écoulement des eaux. En aval, les entreprises, déjà touchées par des inondations, restent toutefois vigilantes.

Les pelleteuses sont à pied d’œuvre dans le lit de la Papeava. À l’approche de la prochaine saison des pluies, la Direction de l’équipement a entrepris le curage d’un tronçon de la rivière situé en amont de la zone industrielle de Fare Ute, à Papeete.

La Papeava fait partie des cours d’eau sensibles de la capitale, dans un secteur particulièrement urbanisé. En plus de son écoulement naturel, elle recueille les eaux pluviales de plusieurs quartiers de Papeete. L’opération consiste donc à retirer les boues, la végétation, les déchets et les embâcles accumulés afin de rétablir la capacité hydraulique du cours d’eau.

 

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« On retire tout ce qui est boue et déchets verts, et tout ce qui est déchets, tous les embâcles, parce que les exutoires sont assez bas. Donc, pour éviter à chaque fois le défaut d’entretien, on essaie d’anticiper les choses », explique Arnaud Cridland, chef du secteur urbain à la subdivision territoriale de Tahiti.

En aval, dans la zone industrielle de Fare Ute, la rivière reste une source d’inquiétude. Plusieurs entreprises ont déjà subi des inondations ces dernières années. Chez Kim Fa, malgré des locaux rehaussés, l’eau s’est déjà infiltrée dans les entrepôts et dans la salle de stockage du vin. « Oui, ça rassure parce que ça ne monte plus autant qu’en 2017, où on a vraiment subi une grosse inondation. C’était monté jusqu’à une quinzaine de centimètres dans l’entrepôt », témoigne Jo-Ann Liu Sing, directrice commerciale de Kim Fa.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Les professionnels prennent néanmoins leurs précautions. Les stocks de boissons seront installés sur une palette supplémentaire et, dans la cave, aucune bouteille n’est désormais rangée dans les espaces les plus bas.

Si le curage rassure, les entreprises espèrent que le lit de la rivière sera également surveillé jusqu’à son embouchure. Autre motif d’inquiétude : certains regards d’égout sont déjà presque bouchés dans les allées de la zone industrielle.

« En fait, ça remonte par les égouts et par les évacuations d’eau. On a donc quand même des craintes de subir de nouveau toutes les inondations qu’on a eues, mais on a pris quelques précautions pour ne pas devoir rehausser toutes les marchandises. On va juste rehausser un petit peu le stockage dans l’entrepôt », poursuit Jo-Ann Liu Sing.

Le curage porte uniquement sur un tronçon de 200 mètres, et non sur la partie située du côté de l’embouchure. Selon les autorités, c’est cette zone encombrée qui doit être nettoyée pour garantir le bon écoulement des eaux.

La Direction de l’équipement indique avoir fortement augmenté le nombre de ses interventions sur les cours d’eau de Tahiti. « On se prépare au phénomène El Niño, particulièrement aux épisodes de fortes pluies. Pour ça, on a pratiquement triplé le nombre de curages que l’on effectue sur l’île de Tahiti depuis l’année 2025. En 2024, on était à 100 opérations et on est passé à plus de 300 opérations en 2025. On poursuit sur cette lancée en 2026 », précise Jordy Chan, ministre des Grands Travaux et de l’Équipement.

Le Pays rappelle enfin aux riverains que les branches et les troncs d’arbres amassés sur les berges ne doivent pas être jetés dans les cours d’eau. Ils peuvent former des embâcles et rapidement entraver l’écoulement de l’eau.

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