C’est dans un havre de paix, à Arue, qu’Éric Gresset imagine et façonne ses œuvres. Sculpture, peinture, dessin, gravure ou tatouage : l’artiste passe d’une discipline à l’autre avec la même aisance, guidé avant tout par son instinct.
« C’est instinctif, je passe du doigt au crayon au cutter au clou, au marteau, à la meleuse, à la trançonneuse, sans me poser de question. On me l’a imposé, donc ça ne peut être qu’un don. Je n’ai pas pris de cours, je n’ai pas été aux Beaux Arts… Je n’aimais même pas le dessin quand j’étais jeune ».

Éric Gresset puise son inspiration dans la culture polynésienne, ses symboles, ses formes et leurs significations. Une exploration qui l’a naturellement conduit vers le tatouage. C’est même à travers cette pratique qu’il a pris conscience de son identité d’artiste : « Je me suis découvert artiste en tant que tatoueur avant d’être designer ou dessinateur. Je ne savais même pas ce que c’était ce monde, et dans les années 80, il n’y avait pas internet… Donc voilà ce que j’ai fait comme tatouages, avec des aiguilles de couture il y a 41 ans ».

Son univers artistique ne s’arrête pas aux portes de son atelier. Dans son fare, les œuvres occupent chaque espace : les murs, les meubles et même les tiroirs. Tableaux, sculptures et bijoux composent un décor foisonnant, qui donne à la maison des airs de petit musée.





Parmi les symboles qui reviennent dans ses créations figurent le requin et le « pē‘ue », la natte polynésienne, deux éléments qui renvoient à ses origines : « Le tressage, c’est un motif le plus puissant avec le triangle dans le Pacifique ».
Pour Éric Gresset, cette diversité artistique répond aussi à une nécessité. S’il estime qu’il est possible de vivre de son art en Polynésie, la concurrence y reste forte. En multipliant les pratiques, il refuse de dépendre d’une seule discipline et entend rester maître de son parcours.



