À Tarahoi, chacun avance sa solution pour sortir de la crise politique. Gouvernement d’union, motion de défiance, élections anticipées… Les scénarios se multiplient, sans qu’aucun ne fasse réellement consensus.
Le Tavini défend l’idée d’un gouvernement d’union autour d’Antony Géros, avec une priorité affichée : traiter les dossiers urgents et lutter contre la vie chère. Une hypothèse soutenue notamment par le sénateur Teva Rohfritsch, mais qui se heurte au refus de la plupart des autonomistes… à une exception près. « Si l’opportunité se présente, moi je suis prête à voter pour cette motion de défiance », assure la représentante de Tāho’e Tātou, Pascale Haiti Flosse. « Je trouve dommage qu’on ne trouve pas cette unité que M. Flosse a toujours voulu avec le Tavini. Je pense qu’on peut s’unir autour d’un projet avec le Tavini Huiraatira, mais bien sûr, si les autres souhaitent nous accompagner sur ce chemin ».
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Une position loin de faire l’unanimité chez les autonomistes. Pour l’élue non inscrite Teave Chaumette c’est même « hors de question ». « Je suis une autonomiste et on ne m’a pas élue pour aller porter un indépendantiste au gouvernement. »
Mais pour renverser le gouvernement, il ne suffit pas de réunir une majorité : il faut aussi s’entendre sur un successeur à Moetai Brotherson. Et pour l’élue autonomiste, impossible de s’appuyer sur Antony Géros : « L’un et l’autre ne se mélangent pas. Même s’il fallait voter une motion de défiance pour renverser le gouvernement, on devra également proposer un président. Et ils l’ont déjà dit, ce sera Antony Géros. Hors de question. »
Reste une autre hypothèse : celle d’un président de transition. L’idée, défendue notamment par le président du Tapura Huiraatira, Édouard Fritch, serait d’élire un président dont la seule mission serait d’engager la procédure prévue à l’article 157-1 du statut de l’autonomie, afin de demander des élections anticipées.
Mais là encore, le scénario se heurte à plusieurs inconnues puisque rien ne garantit qu’Antony Géros accepte de céder ensuite la place, ni que le Tavini accepte de retourner devant les électeurs. Pour Teave Chaumette, le parti bleu ciel n’y aurait pas intérêt. « Les prochaines élections, que ce soit dans trois mois ou dans deux ans, les élus Tavini sont ‘out’. Si on va aux urnes aujourd’hui, on aura le même résultats que celui des communales. Donc on connaît déjà le résultat. »
Quant à une dissolution de l’Assemblée par l’État en application de l’article 157, elle reste aujourd’hui très hypothétique. Cette procédure exceptionnelle n’a jamais été mise en œuvre en Polynésie française et n’est prévue qu’en cas de blocage majeur des institutions. Or, le budget primitif ayant été adopté en début d’année, le risque de paralysie budgétaire est, à ce stade, écarté. Mais la loi organique prévoit encore un filet de sécurité.
Si la crise devait se prolonger jusqu’à l’an prochain et que le budget 2027 n’était ni adopté ni rejeté avant le 31 mars, l’article 185-1 du statut d’autonomie offrirait une autre issue. Le haut-commissaire pourrait saisir la chambre territoriale des comptes, chargée de proposer un budget dans un délai d’un mois. Celui-ci pourrait ensuite être rendu exécutoire par arrêté du représentant de l’Etat. Une procédure qui, elle non plus, n’a jamais été utilisée au fenua.



