Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : une avancée attendue au fenua

Publié le

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : c'est le cap fixé par la nouvelle loi nationale. Si le texte s'applique au fenua, les élus locaux devront l'adapter aux spécificités du territoire. Une avancée saluée par les spécialistes de la santé mentale, aux premières loges des dégâts causés chez les adolescents.

L’Assemblée nationale a voté le 21 juillet dernier une loi interdisant les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Une première en Europe pour laquelle nos trois députés ont voté pour. Selon Nicole Sanquer, « l’État a pris conscience des dangers des réseaux sociaux et a voulu légiférer. C’est un peu aussi pour accompagner les parents dans le contrôle qu’ils doivent faire sur l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. »

Une loi étendue d’office au fenua, mais qui devra passer par l’assemblée de la Polynésie française pour l’adapter aux spécificités locales. « On sera quand même obligés d’écrire une loi pour mettre en application. Alors, on a déjà une base, puisqu’on a déjà eu des débats, c’est la loi sur l’interdiction des portables à l’école. Et c’est une loi, à mon avis, qu’il faut renforcer et puis aussi évaluer, parce qu’on n’a pas d’évaluation sur cette loi. Mais je crois que c’est surtout une mise en garde. C’est un geste de prévention. »

Dès le 1er septembre, date de son application dans l’Hexagone, chaque plateforme devra mettre en place un dispositif de vérification d’âge pour les nouveaux comptes. Pour les comptes déjà existant, cette disposition s’appliquera au premier janvier 2027. Le temps pour les plateformes d’identifier chaque utilisateur. Un durcissement dans l’accès aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, que le Fare Tama Hau attendait avec impatience. « Oui, il était temps, c’est un sujet qui préoccupe les professionnels de la santé mentale et de la santé tout court pour les jeunes et même pour les individus d’une façon générale, déclare Laurence Bonnac, la directrice. Et oui, ce serait bénéfique que ce soit applicable en Polynésie française, compte tenu des dégâts que l’on voit opérer là, actuellement, chez les jeunes. »

Des préjudices qui s’expliquent surtout par les particularités neuronales chez l’enfant. « Le cerveau de l’enfant est en développement, contrairement à celui de l’adulte. L’utilisation des réseaux pousse à une espèce d’utilisation sans fin, ce que les jeunes appellent le scrolling, à visualiser des images qui peuvent être extrêmement choquantes et à être la proie de prédateurs. »

Pour éviter toute fraude dès l’ouverture d’un compte, l’utilisateur devra passer par une vérification de sa pièce d’identité via une plateforme spécialisée dans les données personnelles. D’où l’importance de l’implication des adultes dans la gestion des réseaux sociaux de leur enfant. Pour les aider, le Fare Tama Hau leur dispense des sessions de sensibilisation pour mieux appréhender ce phénomène de société. « C’est quelque chose qui a envahi nos vies, qui a envahi l’éducation des enfants. On ne peut pas le contourner. Les familles, les parents ne sont pas forcément outillés pour comprendre quels sont les dangers de ces réseaux sociaux. Et donc, il faut informer pour qu’ils puissent prendre en toute connaissance les décisions pour l’éducation de leurs enfants. »

Cette loi censée lutter contre les atteintes à la santé mentale des plus jeunes devra néanmoins passer le filtre du conseil constitutionnel saisi par les députés de la France Insoumise pour « atteinte à la liberté d’expression » et celui du parlement Européen.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son