Conserver nos histoires, nos légendes, notre patrimoine… sur la blockchain. C’est l’objectif de Aho, plateforme gratuite conçue par Teiva Haapuea. L’enseignant passionné de nouvelles technologies a lancé la version Beta de son site en juin. « Aho, c’est une plateforme où chacun va pouvoir déposer un fragment de mémoire, que ce soit une mémoire personnelle ou la mémoire de quelqu’un d’autre, une mémoire ancestrale. Un moteur va relier les récits entre eux, pour révéler finalement une espèce de constellation », explique Teiva.
Sur Aho, il faut déposer au minimum un texte. Mais il est aussi possible d’ajouter des photos et des vidéos. Une fonction « dictée » est même intégrée. « Il y a un jeune homme qui est parti en voyage scolaire à Hiva Oa il n’y a pas longtemps. Il a rencontré un matahiapo qui lui a raconté des légendes de héros, de vrais super-héros, marquisiens. Mon collègue, qui est prof d’histoire ne connaissait pas tous ces héros-là, marquisiens. Si ça se trouve il existe un livre, quelque part, qui a été publié, mais on ne sait pas. Et en fait, ce sont des mémoires. Est-ce que cette personne-là est la seule détentrice de cette information ? Ou ça sera perdu quand il va mourir ? En fait, Aho, c’est pour qu’on n’oublie pas. »
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Ne pas oublier, et faire du lien. « J’ai vu plein de choses sur Facebook. Tu sais, « je recherche un ami, j’ai fait ça au centre d’expérimentation du Pacifique à l’époque ». Les gens aiment bien partager ce qu’ils ont vécu. Et moi, ce qui m’intéressait, c’était de faire les ponts entre les récits. »
Sur le site internet, les « fragments de mémoire » comme Teiva les appelle, sont rangés par archipels, par ordre chronologique mais aussi dans une carte du ciel, clin d’oeil à l’importance des astres pour les anciens Polynésiens.
Pour classer et faire du lien entre les récits, le site utilise l’intelligence artificielle. L’IA se charge aussi de modérer, même si Teiva intervient également. Un module spécifique apporte aussi une aide à l’écriture afin que les histoires soient rédigées de manière compréhensible pour tous les lecteurs.


Les histoires sont stockées sur la blockchain Ethereum, registre décentralisé inaltérable. Une manière de conserver ces récits sur le long terme. « C’est une technologie où les données sont immuables, je voulais avoir une bibliothèque qui existe à jamais », explique Teiva. Comme pour ancrer les histoires et légendes polynésiennes dans l’éternité numérique. Car même si le site Aho venait à disparaitre, les textes, eux, perdureraient.
Avant de lancer la version finale de sa plateforme, Teiva aimerait traduire les histoires en reo Tahiti et d’autres langues polynésiennes. Mais les ressources manquent pour configurer les IA à la traduction. « Les traductions ne sont pas bonnes pour l’instant ».
Teiva aimerait aussi que la collecte des récits se fassent auprès des matahiapo, directement dans les communes. « Je voulais utiliser les Fare Ora qui se veulent de partout en Polynésie. Mais qui dit Fare Ora, dit association avec le Pays ».
Si vous souhaitez déposer une histoire ou lire d’autres récit, la plateforme est consultable sur https://aho.taiara.net/



