L’émotion est toujours vive, ce mercredi, après l’accident survenu mardi soir au Tiurai de Outumaoro, à Punaauia. Vers 18h30, un wagon du manège « Dragon Vert » a déraillé alors que quatre enfants se trouvaient à bord.
Parmi eux, trois étaient âgés de 4 ans et un de 9 ans. Selon nos informations, le garçon de 9 ans et sa sœur de 4 ans ont pu quitter le CHPF très tôt ce mercredi matin. Les deux autres enfants de 4 ans restent, eux, hospitalisés. Leur pronostic vital n’est pas engagé. Une fillette a été touchée à la tête et a subi une intervention chirurgicale dans la nuit.
Une enquête a depuis été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Les enfants coincés sous le wagon
Selon des témoins présents sur place, le wagon se serait d’abord désolidarisé de son châssis avant de se détacher complètement. En chutant d’environ deux mètres, les quatre enfants sont restés coincés sous la structure.
Des forains sont immédiatement intervenus pour soulever le wagon et dégager les victimes. Des personnes présentes aux abords du manège racontent avoir entendu un important fracas, suivi de cris. En quelques instants, une foule s’est formée autour de l’attraction.
La fillette la plus grièvement blessée saignait abondamment au niveau de la tête, une scène qui a profondément marqué plusieurs témoins.

« J’ai entendu une maman hurler de toutes ses forces et j’ai vu tout le monde courir, et on a compris que quelque chose s’était passé. Quand j’ai entendu son cri, j’ai su que c’était quelque chose de grave », raconte une jeune femme présente au moment des faits.
Encore bouleversée, elle assure qu’elle ne remontera plus dans un manège : « Ça fait trop peur, on fait confiance, et voilà… »
Malgré l’accident, les autres attractions sont restées ouvertes tout au long de la soirée.
Un manège ancien qui interroge
Au lendemain du drame, de nombreuses questions se posent sur le « Dragon Vert », un manège qui serait exploité au fenua depuis au moins une quarantaine d’années. Et qui avait peut-être été déjà mis en service avant son arrivée sur le territoire.



Beaucoup de parents racontent aujourd’hui y être montés lorsqu’ils étaient enfants et y emmener désormais leurs propres enfants. D’autres évoquent d’anciens problèmes sur cette attraction, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en confirmer la nature ou les circonstances.
À noter que chaque manège possède une carte d’identité mentionnant notamment sa date de mise en service.
L’accident a ainsi relancé le débat sur l’ancienneté des attractions et leur renouvellement, même lorsqu’elles obtiennent les autorisations nécessaires. Cette année, les manèges de Outumaoro avaient d’ailleurs été les premiers à ouvrir.
« C’est un accident individuel »
Face à l’émotion suscitée par ce drame, Stéphane Philipponneau, le président de l’association des forains de Faa’a, également présent à Pirae, appelle à ne pas généraliser.
« Tout le monde panique depuis hier. C’est un accident. Ça arrive, on est désolé pour ce qui s’est passé. Mais il ne faut pas généraliser. Cela reste un accident individuel », affirme-t-il.


L’accident intervient dans un contexte déjà difficile pour les forains, confrontés à une baisse de fréquentation attribuée en partie à la baisse du pouvoir d’achat.
Concernant la vétusté de certaines attractions qui pose question, Philipponneau estime que ce n’est pas un facteur déterminant. « L’âge des manèges n’entre pas en compte. C’est l’entretien des manèges. Tout est bien vérifié, les boulons sont vérifiés un par un par l’agent agrée d’une société de contrôle. Et après, c’est l’entretien qui fait tout. Le forain doit tout vérifier tous les jours. »
Selon lui, plusieurs exploitants souhaiteraient renouveler leurs attractions, mais les investissements sont considérables. L’importation d’une nouvelle grande roue représenterait près de 160 millions de Fcfp, auxquels s’ajoutent plusieurs années de démarches et l’incertitude de disposer d’un terrain pour l’exploiter.
Il rappelle enfin que les tarifs pratiqués en Polynésie française restent inférieurs à ceux observés dans l’Hexagone.



