La décision de l’APC autorisant le rachat de la société Mainland et de ses filiales par le groupe Lactalis a été publiée in extenso, ce jeudi. L’opération, qui donne naissance à une entité détenant plus de 50 % de parts de marché sur le lait de consommation et plus de 60 % sur le beurre en Polynésie française, a fait l’objet d’une analyse poussée du gendarme de la concurrence.
L’APC s’attèle à expliquer pourquoi le groupe Wane est au cœur de sa décision finale, en rappelant la position unique de cet acteur verticalement intégré, à la fois acheteur-grossiste en amont et leader de la grande distribution à l’aval, dont le chiffre d’affaires représente « environ 55 à 65 % des ventes du secteur en Polynésie française » (soit 40 à 50 milliards de francs de Fcfp par an).
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Avant l’opération, l’APC établit que le groupe captait déjà 50 à 60% de l’importation des fromages et la quasi-intégralité des produits Lactalis. La publication de la décision clarifie le scénario de blocage que l’APC a voulu neutraliser : si les produits Mainland (jusqu’ici gérés par Essor Import) basculaient aussi chez Wane, ce dernier aurait contrôlé 60 à 70% du beurre, 50 à 60%de la crème, 70 à 80% du fromage et 60 à 70% du lait à l’importation.
« Dans une telle configuration, l’Autorité considère qu’il existe un risque que le groupe Wane se trouve en position dominante sur l’ensemble de ces marchés après réalisation de l’opération. […] Le groupe Wane serait ainsi placé en position dominante à l’amont, alors même qu’il est un acteur incontournable à l’aval. Un risque de verrouillage, accompagné d’un risque de discrimination, ne peut être exclu… », résume l’APC.
Six engagements comportementaux, d’une durée de cinq ans renouvelable, ont ainsi été imposés à Lactalis. Le plus restrictif de l’accord consiste en un mécanisme de plafond de volumes annuels pour le groupe Wane. Pour éviter qu’il ne s’approprie l’essentiel de l’offre, l’APC lui interdit de dépasser les volumes qu’il importait avant la fusion ajustés selon l’évolution du marché. C’est l’ISPF qui transmettra chaque année les données globales du marché à l’entité fusionnée. Ces statistiques permettront de recalculer et d’ajuster le plafond de volumes autorisé pour le distributeur principal, en fonction de la croissance ou de la baisse du marché total. Par ailleurs, pour chaque catégorie de produits, au moins deux importateurs-grossistes indépendants devront continuer à distribuer les marques concernées.
À noter que si un distributeur venait à cesser son activité, Lactalis devra lancer sans délai une procédure ouverte pour trouver un remplaçant et assurer la continuité de l’approvisionnement sur le territoire.
Retrouvez la décision en intégralité ici.



