Des mots, Frédéric Cibard en a manié toute sa vie. Mais cette fois, ce n’est ni pour le journalisme ni pour la communication institutionnelle qu’il prend la plume. Avec « Jardins Polynésiens », il dévoile son premier recueil poétique, composé d’une quarantaine de textes et construit autour de deux univers.
Le premier, baptisé « Jardins du fenua », se veut un hommage à la Polynésie, où Frédéric Cibard vit depuis 36 ans. Une partie des textes a été adaptée en reo tahiti par Yann Paa.
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« Il était temps de rendre hommage à la Terre qui m’a accueilli au bout de 36 années. 36 années merveilleuses, des années de découverte. Cette Terre m’a quasiment tout donné et je devais lui rendre ça. Ça, c’était la première partie. Et grâce à Yann Paa d’ailleurs, notre merveilleux Yann Paa, le recueil a pu renforcer son âme polynésienne avec son reo Tahiti qui est une langue d’exception », confie Frédéric Cibard.

Un travail autour de la langue qui traduit aussi, pour Yann Paa, l’attachement de l’auteur au fenua. « Qu’est-ce que le reo Tahiti apporte au point qu’il a créé ? Ça vient montrer son attachement au pays, le fait qu’il a souhaité consacrer une partie de son livre à la langue tahitienne qui peut également, pas qu’il vienne compléter, mais qui permet également aux lecteurs de découvrir la richesse de la langue tahitienne. »
Une écriture plus libre dans « Jardins secrets »
La seconde partie du recueil, intitulée « Jardins secrets », explore un registre différent. Inspirés des haïkus japonais, les textes se font plus courts, plus spontanés et plus intimes. Des fulgurances que Frédéric Cibard couche sur le papier chaque matin, dès l’aube.


« Je dirais que j’ai suivi un certain style poétique. Ce style, c’est celui de l’écriture automatique. C’est-à-dire ne pas chercher la rime, ne pas chercher les mathématiques de la poésie, mais la laisser s’exprimer comme elle vient, le plus librement possible. C’est un petit clin d’œil au surréalisme, même si j’en suis très très loin. »
Derrière la spontanéité revendiquée se cache pourtant un important travail de réécriture. Le projet a occupé Frédéric Cibard durant toute l’année 2025, avec plusieurs centaines de textes rédigés avant la sélection finale.

« Ça a été un long travail, d’abord d’écriture pendant l’année 2025. J’en ai écrit à peu près 200, 250… Je ne m’attendais pas à autant de travail sur quasiment chaque vers, chaque strophe, chaque titre de poème. »
Avec « Jardins Polynésiens », Frédéric Cibard mêle ainsi inspiration personnelle, attachement au fenua et reo tahiti. Un premier recueil dans lequel ses deux cultures se rencontrent par la poésie.



