Après un soleil magnifique et une mer d’huile l’après-midi, le petit navire a fait son entrée vers 19 heures au port de Trébeurden dans une épaisse brume de chaleur.
Son bateau amarré, Yann Quénet a mis pied à terre, pieds nus, après une dernière navigation depuis les Açores qu’il avait quittés le 12 juillet.
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Interrogé sur la portée de son exploit sur une coque de noix, construite en 400 heures, sans moteur et dépourvue de communication avec la terre, il a relativisé la performance, expliquant : « c’était un vieux rêve et j’ai réalisé mon rêve », avant d’aller rejoindre ses amis.

Sur ses derniers milles, une vingtaine d’embarcations avaient escorté « Baluchon ». Yann Quénet, barbu comme à son habitude, est apparu souriant et détendu. Le torse émergeant du roof de son bateau progressant à « environ trois milles » vers le port, le marin a répondu avec une constante placidité aux exigences des photographes comme aux brèves questions lancées à distance par les journalistes embarqués sur d’autres navires.
« Un peu triste » de voir ce tour du monde s’achever mais « heureux en même temps » de ce retour parmi les siens, a-t-il concédé à l’AFP. « On va maintenant repartir sur de nouveaux projets », a-t-il promis.
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Parti au printemps 2019, le jeune quinquagénaire a traversé l’Atlantique, puis le Pacifique jusqu’aux îles Marquises. Après Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, le marin avait prévu de faire escale en Nouvelle-Zélande et en Australie mais la pandémie en a décidé autrement : en raison de la fermeture des frontières, « Baluchon » a dû faire route directement de Nouméa jusqu’à la Réunion, soit 77 jours de mer, en longeant l’Australie par le nord.
Défi parmi les défis dans cette traversée au long cours : les réserves d’alimentation et surtout d’eau. À chaque départ, le cockpit était bordé de bidons d’eau au milieu desquels Yann Quénet trouvait juste la place de s’allonger. En l’absence de dessalinisateur, « je me suis rationné à deux litres d’eau par jour », précisait-il en cours de voyage.
Yann Quénet devait recevoir mercredi la visite d’un autre grand marin, Olivier de Kersauson, qu’il a rencontré durant son escale en Polynésie.
Il doit rejoindre son port d’attache, Saint-Brieuc, véritable terme de son tour du monde, samedi en début d’après-midi.



