Bloquée depuis six semaines, la compagnie Air Calédonie en redressement judiciaire

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La compagnie aérienne Air Calédonie, dont les avions sont cloués au sol depuis début mars par des collectifs d'usagers s'opposant à un projet de déménagement d'aéroport, a été placée mardi en redressement judiciaire, a annoncé le parquet de Nouméa.

Cette procédure « est la dernière chance de préserver l’avenir d’Air Calédonie » et l’emploi de ses 220 salariés, a précisé le procureur de la République, Yves Dupas, dans un communiqué.

Cette mesure intervient après la constatation de l’état de cessation des paiements par le conseil d’administration de l’entreprise, le 27 mars, alors que la compagnie présente un passif exigible estimé à 256 millions de francs Pacifique (2,1 millions d’euros). 

 

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La procédure, d’une durée de six mois renouvelable, permet de geler les dettes antérieures au 14 avril afin de soutenir la trésorerie et d’élaborer un plan d’apurement.

« Aujourd’hui, le blocage de l’activité aux îles Loyauté représente pour ce transporteur un déficit journalier estimé à 10 millions de francs », a précisé M. Dupas, qui estime que la compagnie « a les moyens de retrouver un niveau d’activité viable » et qu’elle assure « un service de transport aérien indispensable et de qualité ».

Air Calédonie joue un rôle central dans la continuité territoriale entre la Grande Terre et les îles Loyauté, où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le 2 mars, un mouvement de blocage initié par des collectifs coutumiers opposés au transfert des activités de la compagnie de l’aérodrome de Magenta, au cœur de Nouméa, vers l’aéroport de La Tontouta, à une quarantaine de kilomètres, a paralysé les aérodromes des îles Loyauté (est) et de l’île des Pins (sud).

Ces collectifs dénoncent un doublement de temps de trajet et une hausse des tarifs. Fin mars, les collectifs de l’île des Pins avaient annoncé la levée de leurs blocages à la suite de la conclusion d’un protocole d’accord.

Ce transfert d’un aéroport à l’autre devait permettre d’économiser environ 4 millions d’euros par an et de capter une clientèle internationale plus large, dans un contexte de difficultés récurrentes depuis la crise sanitaire, encore amplifié par les émeutes et la crise économique qui avaient suivi en mai 2024.

La compagnie, qui aurait besoin de transporter environ 300 000 passagers par an pour atteindre l’équilibre, n’en a acheminé qu’environ 180 000 en 2025.

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