« Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge« , a annoncé le ministère français des Armées dans un communiqué.
Paris et Londres sont à la manoeuvre depuis plusieurs semaines pour monter une mission « neutre » afin de rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz, dont le blocage de fait depuis le début du conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël le 28 février ébranle l’économie mondiale.
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Le franchissement du canal de Suez par le navire-amiral de la flotte française permet d’envoyer « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz mais que nous en sommes aussi capables« , a expliqué un conseiller d’Emmanuel Macron, assurant parler au nom de la coalition des pays non-belligérants lancée en avril.
Plus de 40 pays prêts à participer à cette mission de sécurisation mènent des travaux de planification à Londres.
« Nous avons aujourd’hui un plan qui est tout à fait opérationnel« , dans « une posture qui reste tout à fait défensive« , selon la présidence française, qui évoque « une manoeuvre réaliste« , « à distance des belligérants« .
Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran se poursuit malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens, puis lancé lundi l’opération Project Freedom (« Projet Liberté ») pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit.
Cette opération a été suspendue mercredi par Washington, le temps de voir si un accord mettant durablement fin au conflit pouvait être « finalisé« .
Mardi, un porte-conteneurs de l’armateur français CMA CGM a été visé dans le détroit par une attaque qui ne visait « en aucun cas » spéciquement la France, selon des propos d’Emmanuel Macron rapportés mercredi par la porte-parole du gouvernement.
« Exigences »
Dans ce contexte, la France propose aux Etats-Unis et à l’Iran de « traiter la question d’Ormuz à part » du reste du conflit et des négociations, car « elle est d’intérêt commun« . Et elle présente ses « exigences » à l’égard de Washington et de Téhéran pour le déclenchement de la mission multinationale.
« Nous pouvons offrir à l’Iran de passer à nouveau à travers le détroit d’Ormuz, nous pouvons permettre que ses tankers passent dans le détroit d’Ormuz à une condition, c’est que l’Iran accepte de s’engager dans la négociation sur le fond à laquelle les Américains l’invitent. Ce que nous disons aux Américains, c’est qu’ils doivent lever leur blocus d’Ormuz et empocher la disponibilité de l’Iran pour négocier sur les questions de fond« , a dit la présidence française à des journalistes.
Selon le ministère des Armées, l’envoi du Charles-De-Gaulle répond au besoin de « réduire les délais de mise en œuvre de (la mission multinationale, ndr) dès que les circonstances le permettront » et reste « distinct des opérations militaires » dans la région, où les Etats-Unis ont déployé plusieurs porte-avions.
« Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire« , a réaffirmé mercredi le ministère.
Sa présence à proximité du Golfe va permettre « d’évaluer l’environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement » de la mission multinationale, « d’offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région » et doit permettre d’agréger autour de lui les moyens d’autres pays, selon lui.
Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d’avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l’Atlantique Nord.
Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.



