La Chine avait annoncé début juillet avoir procédé depuis un sous-marin nucléaire au tir d’essai d’un « missile stratégique » équipé d’une ogive d’entraînement, qui s’était abattu dans le Pacifique.
Ce lancement était intervenu quelques heures après la signature par l’Australie et les îles Fidji d’un important traité de défense, un accord perçu comme une manière pour Canberra de contenir l’influence chinoise croissante dans le Pacifique Sud.
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Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a confirmé à l’issue des discussions que deux pays membres s’étaient fermement opposés à toute condamnation explicite de Pékin.
S’il ne les a pas nommés directement, il a laissé entendre que Kiribati et Nauru, favorables à Pékin, n’avaient guère d’intérêt à critiquer officiellement l’un de leurs principaux partenaires. Dans le Pacifique, Vanuatu est un autre partisan de la Chine.
« Ils n’ont en réalité avancé aucune raison, si ce n’est leur désaccord et le fait qu’ils ne souhaitaient pas que nous fassions des déclarations claires, telles que notre opposition au tir de missiles dans le Pacifique », a déclaré M. Peters.
Il les a accusés de céder aux « désirs de partenaires extérieurs, plutôt qu’à ceux qui appartiennent au Forum des îles du Pacifique ».
« Nous avons indiqué très clairement que nous ne pensons pas que des acteurs extérieurs doivent dire aux acteurs locaux – c’est-à-dire nous, qui sommes ici depuis des milliers d’années – quelle devrait être notre position« , a-t-il ajouté, une pique à peine voilée à l’encontre de la Chine.
« Trajectoire commune »
La réunion des ministres des Affaires étrangères précède une réunion plénière des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra aux Palaos en septembre.
Les Palaos comptent parmi les rares pays au monde à entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan, démocratie autonome que Pékin considère comme faisant partie de son territoire.
Tuvalu, un autre soutien de Taïwan dans le Pacifique, avait réclamé une déclaration commune avant le Forum et indiqué ne pas avoir été prévenu à l’avance de cet essai.
Pasuna Tuaga, le secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères, du Travail et du Commerce du pays, a précisé que le missile était tombé « très près » de Tuvalu et que le pays avait demandé l’aide de plusieurs puissances (dont les Etats-Unis et la Chine) pour retrouver la fausse tête nucléaire.
« Nous ne voulons être intimidés par aucune puissance« , a-t-il affirmé en marge des discussions.
Les diplomates réunis à Suva devaient aussi débattre vendredi de la composition régionale du Forum du Pacifique, déterminant qui pourra participer à la réunion de septembre.
L’an dernier la réunion plénière s’était tenue à Honiara aux îles Salomon, alliées de Pékin, qui avaient interdit à la plupart des acteurs non-membres, dont Taïwan, d’assister comme d’ordinaire aux réunions du Forum.
Winston Peters avait condamné cette décision, y voyant une ingérence des « étrangers » dans les affaires du Pacifique.
M. Peters – qui dirige le parti populiste NZ First – a en outre suscité la semaine dernière la colère de l’ambassade de Chine et de membres de son propre gouvernement après avoir dit à un député d’origine chinoise de « retourner dans (son) pays« .
Il a qualifié la réunion de cette année d' »opportune« , compte tenu de l’impact des événements mondiaux sur la région, une allusion à l’essai de missile ainsi qu’aux pénuries de carburant provoquées par la guerre au Moyen-Orient. La région du Pacifique doit « définir une trajectoire commune« , a-t-il affirmé.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a quant à elle exprimé l’espoir que la région ressorte renforcée de cette réunion. « Nous voulons une région capable de faire face aux défis considérables auxquels nous savons être confrontés« , a-t-elle déclaré.



