Meeting après meeting, le président républicain de 80 ans, dont la cote de popularité a chuté, a jeté toutes ses forces dans cette bataille âpre, prédisant des conséquences apocalyptiques en cas de victoire démocrate, évoquée par des sondages qu’il promet encore une fois de faire mentir.
Cette campagne tendue aux multiples rebondissements, suivie comme un feuilleton planétaire, va-t-elle s’achever sur un vote sanction dans la première économie mondiale ? Les 250 millions d’électeurs potentiels vont-ils faire payer à Donald Trump la hausse du coût de la vie, aggravée par la guerre contre l’Iran qu’ils n’ont pas demandée ?
Défendant son bilan mardi matin sur Fox News, ce dernier a appelé les électeurs « à préserver la grandeur de l’Amérique ».
« Nous sommes formidables aujourd’hui. Il y a deux ans, nous étions dans une situation catastrophique », a-t-il dit en insistant, malgré la réalité des chiffres, que l’inflation était « résolue ».
Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 heures locales (11H00 GMT) dans de nombreux États de l’est du pays, où se forment par endroits de longues files d’attente, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Signe de l’enjeu, près de 58 millions de citoyens ont déjà voté par anticipation, un record pour des élections de mi-mandat.
« Deux ans de cauchemar »
À Portland, dans le Maine (nord-est), Tom Walsh, 59 ans, personnel médical, dit vouloir en finir avec « deux ans de cauchemar ». « C’est épuisant. Je suis lassé d’entendre dire que je suis anti-américain, un loser », déclare à l’AFP cet électeur qui penche démocrate.
« Je pense que c’est surtout une question de coût de la vie, de prix de l’essence, ce genre de choses. Il faut que ça change pour les gens ordinaires », explique Donta Comer, 38 ans, rencontré à Atlanta, en Géorgie (sud-est).
Historiquement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des « midterms » et chez les démocrates, l’espoir d’une « vague bleue » (leur couleur) est bien là.
Les enquêtes d’opinion prévoient leur victoire à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée mardi.
Mais le Sénat pourrait aussi basculer, à la faveur de scrutins dans des États traditionnellement républicains : du Maine à l’Alaska, en passant par le Texas, l’Ohio ou encore le Kansas. Dans certains bastions de la droite, un tel résultat était encore inimaginable il y a quelques mois.
À travers le pays, 36 postes de gouverneurs sont également en jeu, tandis que 145 référendums seront organisés dans divers États, sur des sujets allant du droit à l’avortement à une réforme de l’imposition sur le revenu ou encore l’interdiction du foie gras.
« Pathétique »
« J’ai tenu plus de promesses que je n’en ai fait », a déclaré le président républicain à Washington lundi dans une allocution décousue au cours de laquelle il a passé plus de temps à évoquer ses projets monumentaux dans la capitale fédérale que les élections.
Prendre le contrôle de la Chambre donnerait aux démocrates plus de poids sur le budget fédéral, mais aussi la possibilité de lancer des enquêtes parlementaires, notamment sur des accusations de corruption envers Donald Trump et ses proches.
Un Sénat à majorité démocrate pourrait bloquer les nominations par le président, en particulier en cas de vacance à la Cour suprême.
Le président américain, qui regardera les résultats mardi soir depuis la Maison Blanche, a prévenu qu’en cas de défaite républicaine, il mettrait « son veto sur tout ».
Socialisme
Jusque dans les dernières heures de la campagne, le mot d’ordre était à la mobilisation.
Les républicains affirment que les baisses d’impôts et la position anti-immigrés de Trump profitent aux Américains, et ils présentent les candidats démocrates comme des socialistes radicaux, un message qui semble trouver écho auprès de Daryl Ruley, un électeur de 84 ans résidant à Austin, au Texas.
« Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui pensent que le socialisme est la voie à suivre », affirme M. Ruley à l’AFP. « S’ils croient cela, c’est qu’ils ne comprennent pas l’histoire ».
Quels que soient les résultats, ces élections marquent le début de la fin de la carrière d’homme d’État de Donald Trump, mais aussi le début de la course effrénée, chez les républicains comme chez les démocrates, pour lui trouver un successeur en 2028.



