Avec 128 kilomètres de canalisations à entretenir et des infrastructures vieillissantes, la gestion de l’eau potable représente un défi majeur pour la commune de Taha’a. Selon les estimations, 63 % de l’eau distribuée seraient perdus, notamment en raison des fuites sur le réseau.
Pour enrayer ces pertes, la municipalité a réalisé un diagnostic afin d’identifier les secteurs les plus fragiles et de définir les interventions prioritaires. La rénovation du réseau doit ainsi s’effectuer progressivement, en fonction des besoins et des financements disponibles.
« Il était réellement temps de renouveler l’ensemble du réseau hydraulique de l’île. Et nous avons décidé de le faire, tranche par tranche, en mettant la priorité sur les secteurs de Haamene, Vaitoare et Hurepiti », explique le maire, Martial Teroroiria.

Deux premiers chantiers ont déjà été réalisés. À Hurepiti, un nouveau réservoir d’une capacité de 550 m³ a été installé en remplacement de l’un des deux réservoirs existants, permettant d’augmenter les capacités de stockage. À Faaaha, 264 mètres de canalisations ont été renouvelés pour réduire des pertes estimées à 115 m³ d’eau par jour.
Ces deux opérations représentent un investissement de 29 millions de Fcfp, financé à plus de 90 % par un don de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Une aide qui permet à la commune de poursuivre la modernisation de ses installations.
Au-delà du remplacement des canalisations, la municipalité travaille également sur la régulation de la pression de l’eau, un facteur important dans l’apparition des fuites. Un premier hydrostabilisateur a ainsi été installé pour abaisser la pression de 7 à 3,5 bars sur un secteur de trois kilomètres.




« C’est le premier hydrostabilisateur qu’on a posé suite à la forte pression du réservoir qu’on vient de voir à une hauteur de 80 mètres, donc l’eau qui arrive à ce niveau-là est à 7 bars. Cet appareil-là, c’est pour réduire la pression pour alimenter ce secteur qui fait 3 kilomètres. Donc il est à 3,5 bars, et avec cette pression réduite, ça réduit aussi les fuites », précise Nelson Butscher, directeur technique.
Malgré ces premières réalisations, le chantier reste considérable. Selon le schéma directeur de l’eau, la rénovation complète du réseau est estimée à plus d’un milliard de Fcfp. À Tapuamu, une première tranche de travaux, d’un montant de 70 millions de Fcfp, est déjà achevée. La commune attend désormais un financement de 240 millions de Fcfp dans le cadre du contrat de développement, afin de renouveler cinq kilomètres supplémentaires de canalisations.



