Le 13 octobre, l’Assemblée nationale a adopté la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Ce jeudi, deux amendements ayant pour objet de soutenir la lutte contre les violences intra-familliales en Polynésie ont été votés en commission des finances de l’institution.
Le premier texte prévoit près de 60 millions de Fcfp pour « renforcer la prévention, la sensibilisation et le soutien aux associations et aux acteurs de proximité accompagnant les victimes, notamment dans les îles éloignées ». Pour Moerani Frébault et les 8 autres députés soutenant cet amendement, la « traduction concrète » des objectifs de la loi intégrale nécessite de « tenir compte des réalités particulières des territoires ultramarins ».
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« En Polynésie française, la dispersion des populations, l’éloignement des archipels et les difficultés d’accès à certains services spécialisés rendent particulièrement importante l’action des associations de proximité. Pour les victimes, le premier obstacle est parfois de pouvoir parler des violences subies. (…) La prévention doit donc pouvoir aller à la rencontre des habitants, notamment des jeunes, en s’appuyant sur des actions adaptées aux réalités sociales, culturelles et linguistiques du territoire », estiment les députés.
Un second amendement adopté en commission prévoit également près de 60 millions de Fcfp pour « renforcer l’hébergement d’urgence, financer les déplacements nécessaires et mieux accompagner les femmes contraintes de fuir un conjoint violent avec leurs enfants ».
« Pour une femme victime de violences, décider de quitter son domicile représente souvent une étape extrêmement difficile. Cette décision suppose parfois de partir dans l’urgence, avec ses enfants, sans ressources immédiatement disponibles et sans savoir où trouver refuge. À la peur des violences s’ajoutent alors des inquiétudes très concrètes : où dormir, comment nourrir ses enfants, comment se déplacer et comment assurer leur sécurité dans les jours qui suivent ? Ces difficultés prennent une dimension particulière en Polynésie française, où la dispersion des 118 îles sur cinq archipels rend l’accès à certaines structures d’accueil particulièrement complexe », soulignent les représentants.
L’Observatoire des violences faites aux femmes et intrafamiliales, devrait dévoiler de nouveaux chiffres prochainement. Selon les premiers éléments donnés l’année dernière, 522 affaires de violences intrafamiliales ont été jugées par le tribunal correctionnel de Papeete en l’espace d’un an. 1/3 des dossiers traités en urgence par le tribunal concerne des violences conjugales.
Ces amendements devront désormais être défendus et adoptés en séance publique afin que les crédits correspondants puissent être inscrits définitivement dans le budget 2027 de la Nation.



