Réseau de bus : « L’objectif, c’est de doubler la fréquence » sur la ligne 2, indique Jordy Chan

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Invité du journal de TNTV, le ministre des Grands travaux et des Transports terrestres et maritimes, Jordy Chan, fait le point sur ses dossiers : renforcement progressif du réseau de bus, arbitrages budgétaires de l'Assemblée, avenir du Taporo 7 ou transfert de la vedette Mataa aux Marquises. Interview.

TNTV : Les bus sont enfin arrivés. Il y en a 6 sur 18 qui entrent en service dès le 19 octobre. Quand les autres seront-ils mis en service ?
Jordy Chan : « On souhaite renforcer l’offre de transport en commun afin de rendre notre réseau de bus plus performant et attractif. On va mettre en place ce renforcement de manière progressive. Le 19 octobre, on va rajouter 6 bus sur les lignes 20, 30 et 31 qui relient Taravao, Papara et Papeete. Et d’ici la fin de l’année, on mettra des bus supplémentaires sur la ligne 21 qui relie Papenoo à Papeete. D’ici le premier trimestre de 2027, on va rajouter des bus sur la ligne 2. Donc, c’est une ligne structurante de la zone urbaine qui part de la mairie de Punaauia jusqu’à la plage Lafayette, en passant par la commune de Faaa et le centre-ville. L’objectif, c’est de doubler la fréquence sur cette ligne. »

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TNTV : Il manquerait encore une centaine de chauffeurs de bus. Pourquoi un tel frein ? Est-ce que le métier n’est pas assez attrayant ?
Jordy Chan : « Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la profession de conducteur de bus, c’est une profession vieillissante. En plus de ça, on a des ambitions politiques qui sont importantes pour ce qui concerne le réseau de transport en commun. On souhaite rajouter des bus supplémentaires, donc on va avoir besoin de plus de bus. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on a une centaine de chauffeurs qui nous manquent, à la fois pour remplacer les personnes qui ont besoin de se reposer aujourd’hui et aussi pour ajouter des bus sur le réseau. »

 

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TNTV : On va parler de cette nouveauté, la ligne 20 directe entre Papara et Papeete qui démarre le 19 octobre. Cette ligne doit permettre d’aller beaucoup plus vite à Papeete sans passer par Punaauia / Faaa. En combien de temps peut se faire ce trajet ?
Jordy Chan : « Ça dépend de l’heure. En heure de pointe, ça peut prendre deux heures. Mais grâce justement au fait que la ligne sera directe, les usagers pourront économiser 20 minutes de temps de trajet sur le trajet en question. Et en plus de ça, avec le projet de voies réservées sur la RDO qu’on souhaite démarrer en 2027, ils pourront économiser encore 15 minutes de temps de trajet.« 

TNTV : En parlant de ces voies réservées, pour éviter ces bouchons, on avait prévu 2,5 milliards de Fcfp pour ces 15 minutes de gagnées. Mais l’Assemblée a coupé une partie de votre budget. Est-ce que vous avez une date précise ?
Jordy Chan : « Pour ce qui concerne le projet de transport en commun en site propre, une partie des projets sont financés. On dispose du budget nécessaire et c’est le cas notamment du projet de voies réservées sur la RDO qu’on compte démarrer du coup au premier semestre 2027. Par contre, il y a une autre partie pour laquelle le budget a été coupé lors du collectif budgétaire numéro 3 que le Pays a proposé à l’Assemblée en septembre dernier. Cela concerne principalement les nœuds du réseau, c’est-à-dire les gares routières, les pôles d’échange, qui sont des infrastructures absolument essentielles pour que notre réseau de transport en commun futur soit vraiment performant et attractif pour la population. »

TNTV : On ressent ce coup de rabot jusqu’à Raiatea. À Uturoa, la route de l’hôpital vient d’être terminée, avec les bornes cyclables, après 20 mois de chantier. Pour la suite, sur les 650 millions de Fcfp prévus pour les pistes cyclables, il ne reste plus rien. Que devient la suite de vos projets à Raiatea ?
Jordy Chan : « On vient de rencontrer la commune. L’objectif du projet, c’est de refaire, de rénover et de réaménager la route qui part de l’aéroport jusqu’au nouveau carrefour situé à l’entrée Est de la ville. Ce sont 4 kilomètres de route. Et ce qu’on souhaite, c’est refaire tout le revêtement pour le bonheur des automobilistes. Mais c’est aussi aménager une voie partagée piétonne et cyclable avec des arbres qui borderont cette voie de façon à fournir de l’ombre, de la fraîcheur et embellir le centre-ville. C’est un projet qu’on souhaite resoumettre à l’Assemblée d’ici au budget primitif 2027, dont l’examen va intervenir à la fin de l’année. »

TNTV : On vient de l’entendre, la compagnie propriétaire du Taporo 7 propose de dépolluer le navire avant de le faire couler au large, mais le Pays s’y oppose. Pourquoi ?
Jordy Chan : « Tout simplement parce que le code de l’environnement l’interdit pour des raisons qui sont assez évidentes. Si on coule un navire, ça risque de détruire la faune marine, la biodiversité marine. On souhaite préserver notre espace maritime pour l’avenir de nos enfants et de notre population. »

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TNTV : Si le tribunal ordonne l’expulsion, où ira le navire ? Est-ce qu’il y a un endroit en particulier pour nos bateaux ?
Jordy Chan : « Il faut attendre la décision qui aura lieu au début novembre. Mais effectivement, si l’expulsion est ordonnée, il faudra soit que le navire parte du port, soit qu’il soit démantelé. »

TNTV : Est-ce que c’est une entreprise qui risque de faire faillite ?
Jordy Chan : « C’est une dépense qui est conséquente. Mais ce que je souhaite souligner, c’est que le port et le Pays n’ont pas vocation à se substituer au propriétaire du navire. C’est le propriétaire qui est responsable de provisionner assez de fonds nécessaires tout au long de la vie du navire pour justement le démanteler, le dépolluer lorsque le navire arrive en fin de vie. En l’occurrence, pour ce qui concerne le Taporo, il a eu plus de 20 ans d’exploitation. Et c’était au propriétaire d’avoir la responsabilité. C’était sa responsabilité de provisionner assez de fonds chaque année pour anticiper cet événement. »

TNTV : On profite de votre présence pour évoquer un autre sujet qui concerne votre ministère. La Vedette Mataa est un navire de sauvetage en mer destiné à la station de Hiva Oa. Elle a été financée en 2020 : 60 millions par l’État et 60 millions par le Pays pour sécuriser les gens qui naviguent aux Marquises. Elle est immobilisée à Papeete depuis le 17 janvier 2025. Vous êtes en charge des transports maritimes. Mais d’après nos informations, ce sont les services de l’Économie qui négocient avec la FEPSM. Pourquoi vous êtes-vous retiré du dossier ?
Jordy Chan : « Je ne sais pas d’où viennent vos informations. En réalité, mon ministère contribue activement à ce dossier pour le faire avancer. Aujourd’hui, les négociations sont en cours entre l’État, le pays, la FEPSM et également la CODIM. Avec l’objectif de transférer la navette à Hiva Oa le plus rapidement possible. »

TNTV : Est-ce qu’on a une date précise ou pas encore ?
Jordy Chan : « Ça dépendra de l’accord qui sera obtenu entre les différentes parties. Une négociation, ça peut aller très rapidement comme ça peut prendre un peu de temps. Aujourd’hui, la FEPSM réclame une somme de 31 millions de francs pour permettre ce transfert. Il y a une partie de ce montant qu’on estime légitime. Une autre partie qui est plus discutable à notre sens. C’est tout l’enjeu de ces négociations. »

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