Unir leurs moyens pour mieux protéger les mammifères marins. C’est l’objectif du partenariat entre Mata Tohora et Sea Shepherd France, dont la présidente, Lamya Essemlali, effectue sa première visite en Polynésie française. L’ONG internationale entend mettre son réseau et son expérience au service de l’association locale, qui œuvre depuis plusieurs années à la préservation des cétacés dans les eaux polynésiennes.
« Sea Shepherd France vient accompagner Mata Tohora dans nos défis, dans nos combats et renforcer surtout cette force de frappe pour aller encore plus loin et plus fort pour la protection des mammifères marins en Polynésie », explique Agnès Benet, fondatrice de Mata Tohora.
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Si la Polynésie française est un sanctuaire pour les mammifères marins, les menaces restent nombreuses. Parmi elles, la multiplication des embarcations autour des baleines, les comportements inadaptés lors des observations et les risques de collision.
Mata Tohora déplore notamment le manque de moyens pour assurer une présence suffisante sur le terrain. L’association affirme recevoir quotidiennement des signalements de baleines dérangées par des bateaux, parfois une dizaine autour d’un même animal. Une situation jugée inacceptable par sa fondatrice.
Pour Sea Shepherd France, la sensibilisation doit nécessairement s’accompagner de contrôles et de sanctions.
« Il faut de tout. Il faut de la sensibilisation et il faut de la répression. Il faut de la surveillance. Ça, c’est nécessaire. Si on veut y arriver, il faut sensibiliser ceux qui agissent par méconnaissance et qui sont capables de changer, qui ne veulent pas faire le mal. Et puis après, il faut qu’il y ait de la surveillance et de la répression pour ceux qui savent très bien ce qu’ils font, mais qui sont en réalité finalement dans une approche complètement cupide et commerciale », estime Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.
Le souvenir de Sweet Girl
La prévention des collisions constitue l’une des priorités de cette alliance. Il y a deux ans, le sort de Sweet Girl, une baleine dont la mâchoire avait été arrachée, avait suscité une vive émotion, bien au-delà des frontières polynésiennes.
Pour Lamya Essemlali, ce drame illustre les conséquences des activités humaines sur les cétacés et la nécessité de faire appliquer les règles existantes.
« Sweet Girl, elle est morte d’une maladie qui atteint l’humanité, c’est le toujours plus vite, toujours plus d’argent, avec un manque de respect du vivant. Il y a une législation qui est en place, elle n’est pas respectée. Finalement, les baleines, même si elles sont ici dans un sanctuaire, elles sont presque gênantes pour certains armateurs », dénonce-t-elle.
Pendant quinze jours, les représentantes des deux associations prévoient de rencontrer les pêcheurs, les prestataires de whale watching et d’autres professionnels du secteur maritime, mais aussi la population. L’objectif est de poser les bases d’actions communes pour renforcer durablement la protection des baleines et des autres cétacés au fenua.



