À Hiva Oa, la formation professionnelle prend le large. Pendant plusieurs semaines, les stagiaires apprennent à maîtriser les règles et les techniques nécessaires pour faire de leur activité maritime un véritable métier. « Avec un CPL, on peut pêcher et vendre son poisson, on peut promener des touristes, on peut travailler pour une ferme perlière, pour un club de plongée, énumère Patrice Convert, formateur du Centre des métiers de la mer. On peut travailler avec son permis »
Pour Meheana Tererui, stagiaire, cette formation est importante : « on a des projets pour les touristes. Pour les touristes et pour la pêche. (…) Personnellement, j’ai besoin de ça. On a de la chance d’avoir cette formation pour les îles éloignées. »
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Et la formation ne se limite pas au pilotage du bateau. Les stagiaires travaillent aussi la sécurité, le matelotage, les procédures radio ou encore la gestion des situations d’urgence. Des compétences destinées à être utilisées directement sur le terrain. « Ils doivent maîtriser les accostages, bas-bord et tribord, la récupération de l’homme à la mer, mais également la prise de bouée, enfin c’est une prise de coffre, mais ça c’est plutôt prise de bouée pour amarrer le bateau par l’avant, et ensuite gouverner sur l’alignement. Quand on rentre dans un port, il y a forcément un alignement pour se caler à l’entrée, en entrant et en sortant, voilà »
Pour ces stagiaires venus notamment de Tahuata, l’enjeu est concret : repartir avec une qualification qui pourra servir à développer une activité dans leur île. « Oui, on est quatre de mon île, on est venu passer cette formation. C’est pour le tourisme, la pêche. Aller chercher d’autres poissons au large, à la traîne », confie Hoka.

Autre décor, autre formation : dans une salle de Hiva Oa, Gilles Pascal apprend à ses stagiaires à transformer une idée en projet d’entreprise. Plusieurs mois de formation sont nécessaires. « Alors c’est une formation qui s’appelle CGE, ça veut dire création et gestion d’entreprise. C’est une formation qui s’étale sur environ 3 mois avec plusieurs formateurs.”
« Ici à Hiva oa, il n’y a pas beaucoup d’opportunités de travail, explique Ina, stagiaire. Et malgré les formations que j’ai suivies et les diplômes, il faut à un moment donné créer son emploi. Et c’est ce que cette formation me permet de faire, de réfléchir à une entreprise que je pourrais monter et ainsi avoir un emploi. Et pourquoi pas faire bénéficier ma communauté…«
La formation professionnelle cherche ainsi à répondre aux réalités du territoire, avec une priorité : permettre aux habitants de développer leurs projets sans devoir systématiquement quitter leur île.



