Fini les ventes de crêpes et de gâteaux… Pour financer ses études en Australie, Manutea Toussaint, 17 ans, a choisi de proposer des puces NFC (Near Field Communication, communication en champ proche en français). Cette technologie permet l’échange de données entre des dispositifs, à courte distance.
Très utilisée ailleurs dans le monde, elle ne l’est que peu au fenua. « C’est un concept en ce moment qui marche beaucoup aux Etats-Unis. Du coup, je me suis dit que ce serait pas mal de lancer ça, confie le jeune homme. En fait, c’est surtout le fait d’entreprendre que j’aime beaucoup. Et la NFC, c’est quelque chose qui n’est pas très développé ici en Polynésie. Du coup, je me suis dit c’est le moment. » Quelques applications existent déjà à Tahiti, notamment dans l’événementiel, ou encore pour le suivi de procédures en entreprise.
Manutea, lui, vise les restaurateurs et commerçants : déjà une dizaine lui font confiance depuis son lancement il y a deux mois. Alors que certains se mettent à peine aux QR Code, Manutea propose une nouvelle solution : « En fait, avec le QR code, tu es obligé de sortir ton téléphone pour aller sur appareil photo, etc. Alors que là, le principe, c’est que le client, il a juste à taper son téléphone, même pas besoin de le déverrouiller. Et il reçoit direct une notification pour accéder au site, aux liens », par exemple à un menu.
Manutea achète les puces, y colle son logo, les paramètre et les bloque « pour que personne ne puisse y toucher. Et quand les clients ont besoin de la changer, ils m’appellent et moi, je viens et je remplace ça ».
Le garçon s’est formé seul, sur internet, et avec le soutien de ses parents. « Je suis un peu autodidacte. Je me débrouille sur YouTube. J’apprends avec les IA aussi, notamment. »
Sa petite entreprise lui prend du temps. Mais Manutea ne délaisse pas pour autant les cours. Le (très) jeune entrepreneur rêve de poursuivre ses études au pays des kangourous. « Je me suis dit que c’est une île un peu comme ici, mais un peu plus grande. Et j’aimerais pouvoir visiter, faire mon premier voyage aussi tout seul. Je me suis dit que c’est quand même pas mal l’Australie. J’aimerais étudier dans l’économie, l’entrepreneuriat avec l’IA, un marché qui est en train d’exploser. »
Et il ne compte pas abandonner sa nouvelle entreprise en cours de route. Manutea envisage même d’étendre ses services à la Nouvelle-Calédonie si la demande est forte.



