Alors que le mois prochain des représentants des différents courants politiques polynésiens doivent se rendre à New-York, au siège de Nations Unies, le Tapura réclame de nouveau qu’une mission d’information de l’Organisation soit dépêchée au fenua.
« Nous souhaitons que la situation institutionnelle, politique, humaine, économique et sociale de la Polynésie française puisse être examinée objectivement par les membres C24 de l’ONU », indique la formation que préside Edouard Fritch.
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« C’est le sens fondamental de la résolution que le groupe Tapura Huiraatira a co-signée avec les autres groupes de l’Assemblée de la Polynésie française », en référence à la proposition conjointe du Tavini, du Tapura et de A Fano ti’a, de la mise en œuvre du processus d’autodétermination de la Polynésie, comme l’ont révélé nos confrères de Radio1.
Toutefois, pour le Tapura, cette « mission d’information des Nations unies ne doit pas être conçue comme une mission venant prendre position pour l’indépendance ou pour le maintien du statut actuel. Elle doit permettre de regarder la réalité polynésienne telle qu’elle est ».
« Elle doit rencontrer les autonomistes comme les indépendantistes, les élus, les communes, les acteurs économiques et sociaux, la société civile et, surtout, écouter les Polynésiennes et les Polynésiens. Elle doit pouvoir examiner nos institutions, nos compétences, notre démocratie, notre économie, notre situation sociale et culturelle ainsi que nos relations avec la France », ajoute le parti.
Celui-ci précise ne pas craindre « qu’une telle mission examine également, de manière objective, si la Polynésie française présente aujourd’hui, ou non, les caractéristiques d’une situation coloniale ».
« C’est précisément parce que nous avons confiance dans la réalité de notre pays que nous demandons que les faits soient établis. L’autodétermination appartient au peuple polynésien », ajoute-il.
« Présente à la commission des institutions de l’Assemblée de la Polynésie française, notre représentante Tepuaraurii Teriitahi l’a rappelé face à ses collègues indépendantistes : ‘Nous ne sommes pas dans un dialogue de décolonisation, mais plutôt dans un dialogue d’autodétermination’. La nuance a son importance. »
Le Tapura revient ensuite sur la déclaration du président du Tavini, Oscar Temaru, « proclamant unilatéralement la ‘pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui’, qu’il entend présenter devant la Commission des 24 ».
« Nous respectons ceux qui défendent l’indépendance. Mais, nous affirmons un principe simple : l’autodétermination appartient au peuple. L’avenir de la Polynésie ne peut être décidé unilatéralement par un homme ou par un parti. D’autant que la question de l’indépendance ne fait plus consensus et a provoqué une division du Tavini. Cette division démontre que la question de l’indépendance n’est plus une évidence pour tous les indépendantistes », indique-il encore.
Puis le Tapura de conclure : « La Polynésie française dispose aujourd’hui d’un niveau important d’autonomie. Elle doit pouvoir continuer à renforcer ses compétences, former sa jeunesse, développer son économie, valoriser ses ressources, renforcer ses communes et accroître progressivement sa capacité à financer ses propres politiques publiques. Notre choix est celui d’une autonomie maximale, construite avec responsabilité, dans la République française ».



