Un jeune condamné pour avoir filmé et diffusé ses ébats avec une mineure de 13 ans

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Un jeune homme de 21 ans a été condamné, ce mardi, à 3 ans de prison, dont deux avec sursis, pour agression sexuelle et diffusion de l’image d’un mineur à caractère pornographique. En 2024, il avait filmé ses ébats sexuels avec une ado de 13 ans qu’il venait de rencontrer. Une vidéo qu’il avait ensuite publiée sur un groupe local hébergeant ce type de contenus.

Venu des îles, le jeune homme qui avait 18 ans au moment des faits, en février 2024, avait fait la rencontre de l’adolescente de 13 ans sur Facebook. Après plusieurs semaines d’échanges épistolaires, tous deux avaient convenu de se rencontrer à Papara.

S’en était rapidement suivie une relation sexuelle, puis d’autres dans le courant du même mois. Des ébats que le prévenu avait filmés et conservés sur son téléphone.

Ayant “une tendance”, selon ses dires, à la pornographie, il avait publié plusieurs mois après l’une des vidéos dans le groupe “Sextape Polynésie” où ce type de contenus est diffusé. “Le moyen pour y entrer, c’est d’envoyer une vidéo exclusive. Mais ce n’était pas voulu de la filmer pour pouvoir entrer dans le groupe”, a-t-il expliqué, ce mardi.

Reste que les images ont rapidement circulé et sont parvenues à des proches de la mère de la jeune fille qui a immédiatement porté plainte. Entendue, l’adolescente a dans un premier temps expliqué que la relation lui avait été imposée et qu’elle s’était opposée à la prise d’images.

Elle est ensuite revenue sur ses déclarations, indiquant qu’elle avait concédé à l’acte car le prévenu lui avait ramené des “puffs” et qu’elle n’avait pas clairement dit non au fait d’être filmée. “J’ai regretté. C’était mon premier rapport”, a-t-elle confié aux enquêteurs.

Je ne me rendais pas compte de la gravité de ce que je faisais. Je venais d’avoir 18 ans. Je suis sincèrement désolé pour elle. Je n’ai pensé qu’à mon désir et pas au tort que je pouvais faire. C’est une grosse erreur. Je comprends à quel point ça a dû être compliqué pour elle”, a soufflé le mis en cause qui a dit avoir rompu avec son addiction à la pornographie grâce à la communauté religieuse qu’il fréquente.

“On ne sait pas si la vidéo existe encore”

L’avocate de la jeune fille a en effet témoigné de “l’épreuve” que traverse sa cliente, “une enfant de 13 ans”, absente à l’audience.

Elle ne voulait pas que les images soient diffusées et monsieur l’a fait quand même. Cela créé pour la petite une victimisation perpétuelle. On ne sait pas si la vidéo existe encore sur le Net. Elle pourrait être diffusée ad vitam aeternam. Elle a peur que ça recommence. Sur les toilettes de son collège, son nom était marqué pour dire, qu’en gros, c’était une fille facile”, s’est émue Me Karina Chouini.

 “Quand on a 13 ans, on peut peut-être avoir envie de se comporter comme une adulte, mais on n’est pas outillé au niveau émotionnel. Elle va basculer dans un monde qu’elle ne maîtrise absolument pas”, a enchainé la procureure Stéphanie Pradelle.

La magistrate a déploré que le prévenu a “jeté en pâture” la jeune victime sans se soucier des “conséquences pour elle” : “Cela fait énormément de mal d’être traitée comme ça. C’est extrêmement destructeur”.

“Ils sont biberonnés à l’éducation sexuelle par la pornographie. Aujourd’hui, les jeunes de 15,16 ans, ont une conception du sexe tout à fait différente de celle de ma génération”, a plaidé en défense l’avocat du prévenu Me Loris Peytavit. Puis de conclure : “C’est un jeune homme qui a d’autres qualité à faire valoir que cette erreur de jeunesse”.

Le tribunal l’a finalement condamné à une peine de prison de 3 ans, dont une année ferme mais qui sera aménageable. Il lui a fait interdiction d’entrer en contact avec la jeune fille et devra lui verser 400 000 francs de dommages et intérêts. Son nom sera également inscrit au Fichier national des auteurs d’infractions sexuelles.

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