Longues maladies : les médecins libéraux alertent sur les critères de prise en charge

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Le Syndicat des médecins libéraux de Polynésie française (SMLPF) s’inquiète des critères retenus pour la prise en charge du diabète de type 2 et de l’hypertension artérielle sévère au titre de la longue maladie. Il salue en revanche l’intégration de l’endométriose et de l’adénomyose dans le nouveau dispositif.

Le Syndicat des médecins libéraux de Polynésie française (SMLPF) exprime de « profondes réserves » sur « la situation sanitaire qui découlera de l’application du texte concernant la longue maladie relative à l’arrêté n°1076 CM du 10 juillet 2026 ». Selon l’organisation, certains critères restent insuffisamment adaptés aux réalités médicales et épidémiologiques du fenua.

Sa principale inquiétude concerne le diabète de type 2. Le syndicat regrette que les critères ne permettent pas une prise en charge au titre de la longue maladie dès l’établissement du diagnostic, indépendamment du niveau initial d’équilibre glycémique, du traitement prescrit ou de l’existence de complications.

 

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Une disposition jugée particulièrement préoccupante au regard de la prévalence de la maladie en Polynésie. D’après les chiffres de la Direction de la santé cités par le SMLPF, -des chiffres datés de 2017- le diabète toucherait 22 % des personnes âgées de 20 à 79 ans, soit près de 45 000 habitants. Près d’une personne concernée sur deux ne serait pas diagnostiquée et environ 3 000 nouveaux cas seraient recensés chaque année.

Le syndicat rappelle également que 70 % de la population adulte polynésienne est en surpoids, dont 40 % au stade de l’obésité. Or, le diabète de type 2 peut entraîner de lourdes complications : insuffisance rénale, perte visuelle, neuropathie, plaies chroniques, amputations ou encore accidents cardiaques et vasculaires cérébraux.

Pour les médecins libéraux, attendre l’apparition de complications ou un déséquilibre glycémique important avant d’ouvrir les droits à la longue maladie serait contraire à une logique de prévention. Ils demandent donc que le diagnostic médical du diabète de type 2 permette rapidement l’ouverture de ces droits, sans attendre un déséquilibre glycémique important, une escalade thérapeutique ou l’apparition d’une complication.

Des réserves également sur l’hypertension

Le SMLPF conteste par ailleurs la définition retenue pour l’hypertension artérielle sévère, qu’il juge « obsolète ». Selon lui, les critères retenus reprendraient ceux appliqués en métropole avant 2011 et ne tiendraient pas compte de l’évolution des recommandations médicales.

Le syndicat estime notamment qu’il ne peut être question d’attendre plusieurs semaines et plusieurs mesures supérieures à 180/110 avant de traiter un patient, compte tenu des risques encourus.

En revanche, les médecins libéraux saluent l’intégration de l’endométriose et de l’adénomyose parmi les affections susceptibles d’ouvrir droit au régime de la longue maladie. Une reconnaissance qualifiée d’« avancée importante » pour les patientes concernées.

Enfin, le syndicat souhaite que la prise en charge, même temporaire, de la bouffée délirante aiguë puisse être discutée, notamment au regard de la situation de la toxicomanie et des addictions au fenua.

Le SMLPF demande ainsi une réévaluation de certains critères « à la lumière des données médicales actuelles et des spécificités épidémiologiques et sociales de la Polynésie française ».

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