Au fenua, la cigarette et le vapotage restent fortement ancrés dans le quotidien. Près de 37 % des adultes fument et deux jeunes sur trois ont déjà essayé le tabac ou la cigarette électronique. Des chiffres bien supérieurs à ceux observés dans plusieurs autres pays.

« Ce sont des chiffres qui sont quand même impressionnants, puisqu’ils sont plus élevés que ceux qu’on retrouve en métropole. On a à peu près 18 % de personnes qui fument encore du tabac. C’est 10 % aux États-Unis et environ 7-8 % en Nouvelle-Zélande », précise le docteur Romain Bourdoncle, chef du service de prévention des addictions au CHPF.
– PUBLICITE –

Autre source d’inquiétude : la cigarette électronique, devenue particulièrement populaire auprès des jeunes. Ses couleurs, ses arômes fruités et son image moins nocive que celle du tabac traditionnel contribuent à son attractivité.
« C’est la nouvelle invention de l’industrie du tabac pour créer des addicts. C’est coloré, c’est fruité, ça paraît pas du tout dangereux. Ils ont créé un produit à la mode qui attire les jeunes. Et dès qu’ils essaient, ça crée des shoots de dopamine et ça altère le circuit de la récompense et ça les rend très vite addicts. Donc ça va être difficile d’arrêter », alerte le médecin.
Face à ce constat, le Pays a durci la réglementation, avec notamment la fin des cigarettes électroniques jetables et une restriction des arômes. Mais, sur le terrain, la dépendance reste difficile à combattre.
« C’est plus dans le cadre festif, mais maintenant, je crois que je ne peux plus m’en séparer, même quand je suis en voiture, même quand je marche. Et puis, c’est toujours d’avoir le petit coup sucré en bouche. C’est un peu tout ça qui fait que je n’arrive plus trop à m’en séparer », reconnaît une utilisatrice de cigarette électronique.
C’est dans ce contexte que se déroule, du 1er au 30 septembre, le Moi(s) sans tabac. Le dispositif s’adresse aux fumeurs réguliers comme occasionnels qui souhaitent arrêter. Selon la plateforme Aita Tabac, ne pas consommer de tabac pendant 28 jours permet de multiplier par cinq les chances d’arrêter durablement. Le défi vise également à créer une dynamique collective afin d’aider les participants à maintenir leur motivation. Le site Aita Tabac propose un programme d’accompagnement sur 30 jours, des conseils pour préparer son arrêt et un outil permettant de calculer les économies réalisées.
Car le sevrage présente aussi un intérêt financier. Pour une personne fumant un paquet par jour, vendu 1 400 Fcfp, l’économie atteint 42 000 Fcfp en un mois.

Les personnes qui souhaitent être accompagnées peuvent enfin bénéficier de consultations gratuites et anonymes auprès du Centre de prévention et de soin des addictions, au CHPF. Les coordonnées des professionnels et les différentes solutions d’accompagnement sont disponibles sur aita-tabac.pf.





