“J’ai eu peur pour ma vie, j’ai vu une bête sauvage arriver chez moi”. Près de cinq ans après les faits supposés, Christine (prénom d’emprunt) n’est pas près d’oublier cette soirée de cauchemar.
Le 23 février 2022, dans son appartement de Bora Bora où elle séjourne, l’homme, âgé de 34 ans, que Christine connaît bien depuis plusieurs années, arrive, visiblement “alcoolisé et drogué”. Une fois à l’intérieur, il se jette littéralement sur elle.
Christine, 59 ans à l’époque, est atteinte de plusieurs pathologies lourdes, a du mal à marcher et se déplace régulièrement en fauteuil roulant : elle est invalide à 80%. Après l’agression, elle réussit à se rendre à la pharmacie puis, trois jours après, chez un médecin qui prend en photos ses multiples blessures et l’examine.
Détruite psychologiquement, elle reste enfermée chez elle mais se décide finalement à porter plainte à la gendarmerie de Bora Bora un mois plus tard, le 20 mars 2022.
Selon nos informations, confirmées par le parquet de Papeete, après plus de quatre ans d’investigations, la juge d’instruction en charge de l’enquête a rendu son ordonnance de mise en accusation le 22 mai 2026 demandant le renvoi devant la cour d’assises du directeur du Saint-James pour viol et agression sexuelle sur une personne vulnérable.
Cette ordonnance a été contestée devant la Chambre de l’instruction par l’accusé mais celle-ci a rejeté l’appel le 7 juillet 2026. Un procès va donc se tenir dans les mois qui viennent. Une étape judiciaire que Christine attend avec impatience depuis quatre ans. “Il m’a volé ma vie”, confie-t-elle.
« Cette dame m’accuse de choses que je n’ai pas faites, se défend pour sa part le directeur du Saint-James que nous avons pu contacter. Je n’ai jamais fait de mal à personne. Cette relation était totalement consentie. »
Il affirme attendre le procès avec impatience pour s’expliquer et « prouver » son innocence. Il précise avoir des témoignages qui démontreront sa « bonne foi ».
Selon l’ex-compagne de l’accusé, qui a témoigné lors de l’enquête, ce dernier aurait une “consommation d’alcool et de paka excessive, ainsi que de l’ice de temps en temps”.
Elle a également expliqué aux enquêteurs qu’il pouvait “être méchant de temps en temps sous l’effet de l’alcool” et qu’elle“ l’avait surnommé Alzheimer car il ne se souvenait de rien systématiquement après une consommation”.
La situation particulière de “vulnérabilité de la victime a été établie par les pièces de la procédure”, écrit la juge d’instruction. Les témoignages concordants décrivent “une personne présentant d’importante limitations physiques”.
Placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2023, l’accusé a déjà eu affaire à la justice : une condamnation pour violences conjugales, d’autres pour délit de fuite, conduite sous l’empire d’un état alcoolique et trafic et revente de produits stupéfiants en bande organisée.
Le procès devrait avoir lieu au second trimestre 2027. L’accusé encourt une peine de 20 ans de prison.



