Marama Nui : un chantier hors-normes pour sécuriser une conduite à Vaihiria

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Dans la vallée de Vaihiria, Marama Nui remplace une conduite d’eau de 320 mètres devenue vétuste. L’ouvrage doit résister aux contraintes d’un relief escarpé et fragile. Un chantier complexe, qui mobilise des moyens techniques exceptionnels et représente un investissement de plus d’un milliard de Fcfp.

Une course contre la montre semée d’embûches se joue depuis plusieurs mois au cœur de la vallée de Vaihiria. Marama Nui, filiale d’EDT spécialisée dans la production d’énergie hydroélectrique, y remplace une conduite d’eau devenue vétuste.

Initialement enterré, l’ouvrage de 320 mètres a été remonté à la surface après le débordement du lac Vaihiria en 1998. Vingt-huit ans plus tard, pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise, l’entreprise a choisi de reconstruire la conduite en aérien.

 

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« Il nous était impossible de revenir au projet initial, à la conduite initiale enterrée de par l’accès de la gorge. On a décidé de la laisser aérienne, mais pour ce faire on a augmenté l’épaisseur de la conduite. Aujourd’hui elle fait 15 millimètres alors qu’avant, elle n’en faisait que 8. Et on l’a remonté aussi sur certains niveaux pour sortir un petit peu la conduite de l’eau, qui peut être présente dans la gorge », explique Rebecca Wong Fat-Derval, cheffe de projets hydroélectriques chez Marama Nui.

Connectée à la centrale de Vaihiria, la conduite joue un rôle stratégique. La centrale produit près de 15 GWh d’énergie renouvelable, soit l’équivalent d’un quart de la consommation annuelle de la Presqu’île.

Mais la zone de production hydroélectrique est actuellement à l’arrêt. Les équipes s’activent donc pour permettre sa remise en service dans les prochains mois. « Notre défi et notre challenge c’est de remettre en service pour mi-novembre avec une fin d’année et une El Niño qui s’annonce importante », indique Mathieu Balansac, conducteur de travaux chez Mécamont Hydro.

Au-delà de la production électrique, c’est également la sécurité des populations situées en aval qui est en jeu. « Le lac, il faut le sécuriser parce qu’on a une population qui vit à l’aval. Et la seule manière de vidanger le lac, c’est par sa conduite forcée », souligne Rebecca Wong Fat-Derval.

600 tonnes de béton et un téléphérique pour acheminer le matériel

Pour mener à bien ce chantier hors normes, Marama Nui a dû mobiliser du matériel particulièrement spécialisé. Une pelle-araignée permet notamment aux équipes de travailler dans des zones extrêmement difficiles d’accès.

Un téléphérique « blondin », est également utilisé pour transporter les matériaux sur le site. Il doit notamment permettre d’acheminer quelque 600 tonnes de béton ainsi qu’une cinquantaine de sections de la nouvelle canalisation.

Marama Nui s’est appuyée sur Mécamont Hydro, une entreprise venue des Hautes-Pyrénées spécialisée dans ce type de travaux. Malgré son expérience, le relief polynésien constitue un défi quotidien pour les équipes.

« Plusieurs problématiques. Il y a une logistique qui est relativement compliquée. On a un relief qui est escarpé, qui est très boisé, qui est très dense. Et des conditions d’hydrologie qui sont assez difficiles pour permettre l’installation de ce genre d’ouvrage », constate Mathieu Balansac.

Un chantier à plus d’un milliard de francs, dont la livraison doit permettre à Marama Nui de contribuer à la production des 35 % d’hydroélectricité produite chaque année au fenua.

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