Tematai Le Gayic sur le départ de Steve Chailloux : « On ne peut pas l’empêcher de quitter A Fano Ti’a »

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Alors que Steve Chailloux quitte A Fano Ti'a pour réintégrer le Tavini, Tematai Le Gayic prend acte de ce départ fondé sur des désaccords stratégiques. Pour le président du groupe, la priorité reste le développement économique et social de la Polynésie avant le débat institutionnel.

À peine arrivé, Steve Chailloux tourne les talons et repart au Tavini. L’élu indépendantiste a acté sa rupture avec le parti de Moetai Brotherson. Informé, le président du groupe A Fano Ti’a à l’assemblée de la Polynésie, Tematai le Gayic, ne semble pas étonné : « Cela fait plusieurs semaines aujourd’hui que Steve m’a parlé de sa volonté de retourner au Tavini Huiraatira, comme il l’a dit, pour entendre l’appel d’Oscar Temaru, de cette volonté d’être beaucoup plus proche du leader historique du Tavini Huiraatira et de la manière dont ce leader historique voit l’indépendance de la Polynésie. On l’a vu il y a encore quelques jours, le président du Tavini Huratira décrète l’indépendance, demande une indépendance unilatérale aux Nations-Unies sans référendum, sans la volonté de discuter avec les partis politiques polynésiens ou avec le peuple polynésien. Ce n’est pas la vision que nous avons à A Fano Ti’a. Si c’est celle que Steve a, alors on ne peut pas l’empêcher de quitter A Fano Ti’a ».

Parmi les raisons de cette rupture, évoquées par Steve Chailloux, les statuts du partis. Il explique avoir découvert que le projet idéologique de A Fano Ti’a s’articulait autour des souverainetés économique, alimentaire et énergétique, sans faire de la souveraineté politique ni du droit à l’autodétermination du peuple mā’ohi des principes fondateurs. « Nous ne considérons pas l’avenir institutionnel, l’indépendance comme une fin en soi. Nous ne considérons pas que les questions d’autonomie et d’indépendance doivent cliver le débat polynésien, parce que nous considérons que ce pays de toute façon sera indépendant, qu’on le veuille ou pas, explique Tematai le Gayic. On va dire que c’est la base de notre idéal politique. Maintenant, les vrais enjeux, c’est des questions de souveraineté, c’est comment est-ce qu’on fait pour devenir autonome en termes d’énergie, en termes d’alimentation, en termes d’économie, comment on fait pour avoir des jeunes gens qui soient formés, calibrés pour gérer nos entreprises, comment nos entreprises ont confiance en la Polynésie pour investir. L’idéal, c’est bien, mais ce n’est pas comme ça qu’on va réussir à convaincre les Polynésiens dans cet idéal. Encore une fois, nous, on a dépassé l’idéal, parce qu’on considère que ce pays doit être indépendant au moment où les Polynésiens le voudront, par référendum, mais aujourd’hui, on doit convaincre les chefs d’entreprises, les associations, les Polynésiens à développer ce pays. »

 

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Un élu s’en va et un autre fait son entrée. Tevahiarii Teraiarue, maire délégué à Tahaa, devrait rejoindre les rangs de A Fano Ti’a. « Cela fait un mois que je discute avec Tevahiarii Teraiarue. Lui, après les élections municipales, a consulté sa base. Les différentes interventions au sein du Tavini Huiraatira, ont conduit sa base à lui demander de se questionner sur la question de l’indépendance, sur le rapport au gouvernement, sur les enjeux du quotidien. C’est la raison pour laquelle j’ai donné un avis favorable à ce que Tevahiarii Teraiarue vienne dans A Fano Ti’a parce que, pour lui, les sujets du quotidien, informer la population, former, éduquer la population aux enjeux économiques et sociaux actuels sont la base de la souveraineté d’un peuple. Et je pense qu’il correspond au profil que nous souhaitons à A Fano Ti’a. A l’inverse, Ernest Teagai a aussi émis le souhait d’intégrer A Fano T’ia. Il a dit très clairement qu’il veut le faire parce qu’il souhaite avoir des crédits supplémentaires pour sa commune et pour les Tuamotu, confie Tematai Le Gayic. Je l’ai rencontré brièvement et je lui ai dit si tu ne transpires pas et si tu ne te projettes pas dans le projet politique d’A Fano Ti’a, si tu souhaites venir uniquement pour avoir des crédits supplémentaires, tu n’as pas besoin de venir. Tu peux déposer des amendements.« 

A Fano Ti’a ne cherche pas « plus d’élus », affirme Tematai le Gayic, mais bien des élus partageant une vision. Même si une majorité serait plus confortable, la vision du président de groupe est la suivante : « Sur ces deux prochaines années, soit le gouvernement accepte d’ouvrir pour qu’il y ait un gouvernement d’union, soit c’est un gouvernement avec une participation des oppositions sans entrer au gouvernement, mais donc accepter des amendements qui viendraient compléter la trajectoire du gouvernement. »

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