Des fonctionnaires d’Etat polynésiens à l’Assemblée nationale pour parler des difficultés de mutation au fenua

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A l'initiative du député Moerani Frébault, une rencontre entre des policiers et des agents de l’administration pénitentiaire originaires du fenua s’est tenue à l’Assemblée nationale, ce lundi. Toutes et tous sont venus témoigner de leurs situations et des difficultés qu’ils rencontrent pour être mutés en Polynésie.

La question du retour au fenua des fonctionnaires d’Etat est récurrente. Les policiers et les agents de l’administration pénitentiaire sont formés dans l’Hexagone et ils y commencent généralement leurs carrières.

Si la majorité d’entre eux se disent satisfaits de leur engagement dans l’administration, cette dernière, en revanche, a du mal à cerner leurs attentes.

 

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« Je crois qu’il faut être Polynésien pour comprendre », explique Moerani Frébault, « on a ce lien à la terre, à la famille. C’est difficile pour un Polynésien qui a fait des efforts, a passé des concours, et qui est venu plusieurs années pour se former en métropole…au final, la demande est toujours la même : réintégrer sa terre natale ».

Tauarai Gallimard, policier depuis 12 ans dans l’Hexagone, souhaite que sa fille puisse grandir dans son pays d’origine. Il ne comprend pas les normes actuelles de l’administration.

« Le ratio est de 11 métropolitains, si je ne me trompe pas, pour deux Tahitiens. C’est un peu beaucoup. La parité serait mieux. Il y a un petit sentiment d’injustice, mais j’ai confiance en ceux qui prennent les décisions et qu’à un moment donné ce sera régulé », dit-il.

Les élus polynésiens œuvrent à Paris pour faire bouger les lignes. Si tous les protagonistes sont conscients que le nombre de postes disponibles n’est pas extensible, et que certaines qualifications obligatoires ne s’obtiennent que dans l’Hexagone, certains passe-droits étonnent.

« Il y a une liste et ils ne rentrent pas car il y a des cas prioritaires. Je ne veux pas dire que c’est injuste. Quand c’est un rapprochement familial, on ne peut pas aller contre. Mais quand c’est quelqu’un qui n’est pas de là-bas, je ne suis pas d’accord », indique Hinano Marakai Neagle, agent de l’administration pénitentiaire.

Le député Moerani Frébault voit dans l’éventuel projet d’agrandissement de la prison de Faa’a, une possibilité de sanctuariser des emplois à destination des agents polynésiens qui souhaitent revenir exercer au fenua.

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