C’est à bord du Hawaiki Nui 2 que le haut-commissariat a présenté, ce lundi, le bilan des dépenses de l’État en Polynésie française. Un choix loin d’être anodin : le navire a bénéficié du dispositif de défiscalisation nationale (1,2 milliard), que l’État a souhaité mettre en avant cette année.
En 2025, cette aide fiscale représente 12,6 milliards de Fcfp, distincts des 225,6 milliards de dépenses budgétaires de l’État. « Je ne l’intègre pas dans le total parce que ce n’est pas de l’argent qui est directement injecté du budget général de l’État, donc des crédits budgétaires de l’État, vers la Polynésie française. En revanche, c’est bien de l’aide qui est apportée aux entreprises en Polynésie française », précise Alexandre Rochatte, haut-commissaire de la République en Polynésie française.
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Le représentant de l’État rappelle que ce dispositif bénéficie principalement aux secteurs des transports, du tourisme, de la pêche, du logement social ou encore de l’énergie : « On est à bord d’un navire ici qui a bénéficié de cette défiscalisation. Les priorités de la défiscalisation, ce sont les dessertes aériennes et les dessertes maritimes, notamment de certaines îles. On finance des avions en défiscalisation pour les deux compagnies aériennes qui assurent les liaisons entre les îles, les goélettes. »
Pour les entreprises, ce levier financier est devenu incontournable. La Société de navigation polynésienne (SNP) y a déjà eu recours pour plusieurs de ses navires. « On a encore deux navires dans les tuyaux, avec, effectivement, la double défisc’, locale et métropolitaine. Il est indispensable et ça fait le levier. Ça aide les porteurs de projets à financer les opérations. Et d’ailleurs, c’est souvent une condition sine qua non pour avoir le crédit bancaire », indique Tutehau Martin, président de la Société de navigation polynésienne.
En 2025, 36 entreprises ont obtenu un agrément de défiscalisation, représentant plus de 12 milliards de Fcfp d’aides fiscales et la création de 300 emplois, selon le haut-commissariat.
Plus de 225 milliards de dépenses publiques
Au-delà de la défiscalisation, l’État a consacré 225,6 milliards de Fcfp à la Polynésie française en 2025, soit une hausse de 2,8 milliards par rapport à 2024. Ce montant représente près d’un tiers du produit intérieur brut du territoire.

Près de la moitié de ces dépenses, soit 110,3 milliards de Fcfp, sont destinées à accompagner les compétences du Pays, principalement pour l’éducation (77,5 milliards de Fcfp pour la rémunération des professeurs des écoles, collèges, lycées et universités), les infrastructures sportives (2,4 milliards de Fcfp), l’environnement mari (2,5 milliards de Fcfp), la vie étudiante (1,36 milliard de Fcfp) ou encore la santé (1,3 milliard de Fcfp) Les communes bénéficient, elles, de 15,2 milliards de Fcfp.

L’occasion, pour l’État, de rappeler son poids dans le développement du territoire. « C’est évidemment dans le débat politique de tous les ans, puisque c’est à peu près à la même période, pour rappeler que l’État, ici, est un État qui investit beaucoup d’argent, à la fois pour ses moyens propres, mais aussi pour venir en appui de la collectivité de Polynésie française. Pour que quand on intervient, c’est en appui de cette politique, à travers des conventions, des contrats, des choses qui sont décidées par le Pays qu’on vient appuyer, ou par les communes, c’est le même fonctionnement », précise Alexandre Rochatte.
Les dépenses directement liées aux compétences de l’État représentent, elles, 99,7 milliards de Fcfp, soit 44 % du total.
Une partie des dépenses repart vers l’Hexagone
Reste une critique récurrente : une partie de ces dépenses profite-t-elle finalement davantage à la France hexagonale qu’à l’économie locale ? Pour Alexandre Rochatte, seuls 23 % des crédits consacrés aux achats repartent vers des entreprises de l’Hexagone : « Il y a effectivement une partie qui revient vers la France hexagonale, vers les entreprises ou vers les fournisseurs de France hexagonale, mais on a regardé la balance commerciale et c’est 23 % de ces crédits qui repartent vers la France hexagonale. 23 %, c’est donc moins d’un quart des importations qui viennent de la France hexagonale, ce qui veut dire que les trois quarts des importations viennent d’ailleurs, de l’Union européenne ou des pays asiatiques. Donc vous voyez qu’il y a une partie qui revient en France hexagonale, mais pas du tout la majorité. »
Le haut-commissariat annonce déjà une nouvelle progression des dépenses en 2026, portée notamment par les investissements liés aux Jeux du Pacifique de 2027, au renforcement des moyens de surveillance maritime et à l’arrivée d’un deuxième patrouilleur pour 2027.




