Selon les dernières données sanitaires, 66 % des jeunes ont déjà fumé avant l’âge de 14 ans. Plus de 30 % des adultes consomment du tabac en Polynésie française, d’après les résultats de l’enquête STEPS Fenua 2025. Des chiffres qui préoccupent les autorités sanitaires et qui motivent le renforcement de la réglementation sur le tabac et le vapotage. « C’est vraiment pour pouvoir mieux protéger les jeunes générations, pouvoir diminuer l’exposition au tabac mais également aux produits de vapotage, d’autant plus qu’on sait que maintenant nos jeunes sont exposés de plus en plus tôt au vapotage », déclare la ministre de la Santé Raihei Ansquer.

Dès mercredi, les puffs, les cigarettes électroniques à usage unique seront interdites, et les arômes fortement encadrés afin de limiter les produits jugés trop attractifs. Les conditions de vente évoluent également. Les produits ne devront plus être exposés librement dans les commerces, sauf dérogation pour les établissements spécialisés. « Seuls seront autorisés les aromes de fruits uniques. C’est afin de supprimer tous les arômes un peu « fun » type Bubble gum, Pinacolada… qui pouvaient attirer les jeunes, explique Catherine Colombet, juriste au ministère de la Santé. À partir de mercredi aussi, les magasins dont ce n’est pas l’activité principale de vendre des produits du tabac et du vapotage devront arrêter d’exposer ces produits là à la vente. Il y aura des dérogations possibles pour les magasins dont c’est l’activité principale qui, eux, pourront exposer à la vente à condition d’interdire le magasin aux mineurs et de masquer toute leur vitrine pour que rien ne soit visible de l’extérieur. »
Les autorités alertent sur l’usage croissant du vapotage chez les jeunes et le risque d’addiction associé à une consommation précoce. Enfin, les dispositifs d’accompagnement au sevrage sont renforcés. « Au CPSA (Centre de prévention des soins et des addictions, NDLR) on fait des permanences scolaires dans une quinzaine d’établissements sur Tahiti et dans les iles. C’est très souvent une demande, l’arrêt du vapotage, parce qu’ils se rendent bien compte qu’ils sont accros, remarque le docteur Romain Bourdoncle, psychiatre addictologue. Les données préliminaires de l’enquête STEPS Fenua 2025 montraient que près de 48% des interrogés voulaient être accompagnés au seuvrage. Donc c’est vraiment quelque part une aubaine pour nous. On peut les accompagner, ils veulent être accompagnés, et maintenant les substituts de nicotine vont être remboursés donc ça va être encore plus facile. »
La réforme entre en vigueur ce mercredi. D’autres mesures sont prévues d’ici 2027.



