Mécanicien aéronautique, un métier porteur pour les jeunes du fenua

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La maintenance aéronautique est un secteur en tension dans tous les pays du monde. Pour répondre à ses besoins en personnels qualifiés, Air Tahiti s'appuie depuis 2021 sur un partenariat avec le centre Air Formation, implanté à Tahiti. En cinq ans, une vingtaine de mécaniciens ont déjà été formés et plusieurs d’entre eux ont été recrutés au sein des compagnies locales. Ce dispositif ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes Polynésiens.

Après avoir travaillé la veille sur un moteur, Toanui et Kilian sont chargés de repeindre les pales des hélices de cet ATR en fin de révision.

Dans le hangar de maintenance d’Air Tahiti, ces apprentis découvrent les exigences du métier de mécanicien aéronautique. Depuis un mois, ils effectuent leur stage au sein des équipes techniques de la compagnie domestique.

 

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Inspection des moteurs, contrôles de sécurité, entretien des équipements : ils participent aux opérations de maintenance de la flotte.

« On a travaillé sur les pales de l’hélice. On avait quelques retouches de peinture à faire vu qu’on est à la fin du check de cet avion. La peinture qui est notamment utilisée pour lutter contre la corrosion et pour garantir l’intégrité de la pale au fur et à mesure du temps », explique Toanui Vaimeho, l’un des stagiaires.

Comme ses camarades, il a pour objectif d’obtenir sa licence de mécanicien, un certificat officiel européen.  Les apprentis embauchés devront encore faire leurs preuves pendant deux ans pour décrocher ce sésame.

« Après le cursus théorique, on doit fournir deux ans de pratique pour avoir une liste de taches effectuées pour pouvoir la donner à l’autorité et demander la licence », précise Kilian Dechaut.

Reste ensuite la qualification de « TYPE ATR » pour monter en compétences et en responsabilités. Elle est financée par la compagnie pour ces jeunes mécaniciens.

En Polynésie, la maintenance aéronautique est une expertise stratégique. En raison de son isolement géographique et du climat tropical, Air Tahiti a développé son propre savoir-faire technique, jusqu’à devenir une référence régionale reconnue par le constructeur ATR.

Pour transmettre ce savoir-faire, la compagnie s’est associée en 2021 au centre Air Formation. « On les forme sur deux ans au métier de mécanicien, technicien aéronautique B1. On appelle ça B1. Ça comprend quasiment tous les systèmes de l’avion, excepté les radars et les radios qui sont plus de l’électronique », souligne Fabien Pérrigault, le responsable d’Air Formation

Le centre forme également au métier d’électronicien avec des modules complémentaires. Ce partenariat vise à offrir des opportunités de carrière aux jeunes Polynésiens dans un secteur qui manque de main-d’œuvre. Les centres de maintenance et les compagnies aériennes recherchent partout des techniciens qualifiés. « On a un réel besoin en maintenance au niveau d’Air Tahiti et on a décidé d’aller encore plus loin avec la formation pour étendre les promotions. Des promotions qui historiquement étaient plutôt de 6 ou 8 stagiaires, on va passer à 14 stagiaires à partir du mois d’août », indique Thierry Caer, le directeur technique d’Air Tahiti

Pour suivre cette formation professionnelle de deux ans, composée de 13 modules, les élèves investissent du temps mais aussi des moyens financiers importants. Un pari sur l’avenir pour faire carrière dans la maintenance aéronautique au fenua.

« Ils sont en module 7. C’est tout ce qui est technique d’entretien. Là on est en train de refaire, puisqu’on a pratiqué cet exercice plusieurs fois, des freinages. Ça consiste à éviter que, par exemple, un écrou ne vienne à se desserrer en vol », explique le formateur Guillaume Salvat.

Kalei Picard se forme depuis un an. Aujourd’hui l’exercice consiste à inspecter une porte d’A380 et de déceler des défauts.  « Il y avait un chiffon oublié dans le levier pour ouvrir la porte, et aussi un tournevis », sourit le jeune homme.

Depuis 2021, une vingtaine de mécaniciens ont été formés ici. 14 ont rejoint Air Tahiti et Air Archipels. Maui Dureux espère faire partie des prochaines recrues

« Pour les travaux pratiques, on est équipé de porte d’A380, de moteurs en turbo propulseur comme ceux des ATR, des moteurs en turbo réacteur et même des moteurs à piston. On touche à tout et c’est ça que j’aime », dit-il.

Face aux besoins croissants du secteur et le développement des compagnies au fenua, la filière continue de se développer. Cette année encore, plusieurs stagiaires devraient être recrutés.

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