Agriculture en Polynésie : des efforts mais peu de résultats

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Malgré une volonté politique affichée, l'agriculture polynésienne peine à décoller. Dans son dernier rapport, la Chambre territoriale des comptes (CTC) dresse un constat sévère : entre baisse de la production locale et explosion des importations, le Fenua s'éloigne de son objectif d'autonomie alimentaire.

La souveraineté alimentaire, c’est un des sujets chers au gouvernement en place. La Chambre territoriale des comptes (CTC) a analysé la politique du Pays sur ce sujet et en matière d’agriculture.

Si la Chambre salue les efforts de transparence de l’action publique et des avancées pour les agriculteurs, elle note néanmoins que « le redressement espéré de l’agriculture locale n’est
pas au rendez-vous ». « Avec un score de production de – 21 % en valeur et de -23,7 % en tonnages
entre 2020 et 2023, la situation du coprah est symptomatique de ce paradoxe entre l’importance
des ressources publiques distribuées et les résultats observés ».

La dépendance aux importations reste importante. « Entre 2020 et 2023, les importations
agricoles ont atteint un cumul de 63 milliards de Fcfp, soit le double de la production locale
commercialisée (30,4 milliards de Fcfp) »
, souligne la Chambre.

La Polynésie française « s’est éloignée de son objectif d’autonomie agricole et alimentaire »

Parallèlement, la production vivrière locale est en recul « alors même qu’elle bénéficie d’une exclusivité liée à l’interdiction d’importations de produits extérieurs concurrents. D’autres filières agricoles
comme les légumes (- 11 % en tonnages entre 2020 et 2023) et les fruits (- 19,8 %) bénéficient
aussi de mesures de protection qui prennent la forme de quotas d’importations de produits frais
similaires
« . En revanche, de plus en plus de riz est importé. La Polynésie française
« s’est éloignée de son objectif d’autonomie agricole et alimentaire », souligne le rapport de la CTC.

Un rapport qui met en exergue un « morcellement prononcé de l’agriculture locale » : « Le recensement agricole de 2023 fait état d’environ 2 886 exploitations, dont une grande majorité sont de très petite taille. Ce tissu éclaté est source de complications à maints égards pour les professionnels : organisation des filières, mutualisation des moyens, signes officiels de qualité, et diffusion de pratiques innovantes. »

Autre point souligné par la Chambre, l’hésitation du Pays à « poser le principe d’une logique collective de la profession comme contrepartie à l’octroi de ses aides, alors qu’il sait lui-même qu’il s’agit d’une condition incontournable pour renouer dans des délais raisonnables avec la compétitivité et l’efficacité de sa politique publique agricole ».

« L’amélioration durable de l’agriculture passe aussi par une meilleure maîtrise des autres leviers d’action qui sont à la disposition du Pays : un suivi et un contrôle renforcés des dispositifs d’aide, une gouvernance du schéma directeur consolidée, un pilotage du foncier pleinement intégré entre services, ainsi que des contrôles sanitaires effectués sur sites », estime par ailleurs la CTC qui a émis 10 recommandations.

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