Côte à côte ce matin lors de l’inauguration du Salon des Australes, les élus du Tavini Huiraatira et Pauline Niva, unique représentante de A Fano Ti’a, affichaient une entente de circonstance autour du ministre des Sports, de la Jeunesse et de la prévention contre la délinquance, Kainu’u Temauri. Une image de cordialité qui contraste avec les échanges particulièrement tendus de la semaine dernière à l’Assemblée, où la fracture entre les deux blocs indépendantistes s’est officiellement confirmée.
Pour le Tavini, le constat est clair : la majorité gouvernementale n’existe plus. « Aujourd’hui, il n’y a plus de majorité du gouvernement. On ne peut pas dire que c’est une majorité de l’Assemblée. Une majorité du gouvernement, il n’y en a plus. Donc on est divisé en 2. Nous, nous sommes 22 et on reste fidèles au Tavini. Comme au tout début, en 2023, c’était l’engagement que l’on a signé avant d’être à l’Assemblée. Maintenant, les choses vont être différentes. À partir de maintenant, tous les textes vont être décortiqués par notre groupe avant toutes décisions de vote. Ça va être difficile, les jours à venir. La balle est maintenant dans le camp du président pour qu’il trouve une majorité stable pour soutenir ses projets. Au pire des cas, c’est sa responsabilité qui est en jeu » indique Bruno Flores, 1er vice-président de l’APF et élu Tavini Huiraatira.
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En face, les dissidents maintiennent leur ligne. Initialement annoncés plus nombreux, ils sont aujourd’hui quinze à poursuivre l’aventure au sein de A Fano Ti’a.
Derrière cette recomposition politique, les enjeux de pouvoir restent omniprésents, notamment autour des présidences de commission, qui ont pesé dans les repositionnements de plusieurs élus. Mais pour le noyau dur du groupe dissident, la ligne reste inchangée.
« Ce qui m’a étonné lors de la séance, c’est que l’on dise que c’est le gouvernement de A Fano Ti’a. Alors que c’est le gouvernement du Tavini Huiraatira. Lorsque l’on nous a accusé de vouloir avoir les présidences de commissions, on voit bien vers qui les présidences sont allées. Vers le Tavini. Et moi, je pense que c’est l’une des raisons qui a fait rester nos collègues dans le groupe du Tavini Huiraatira. Nous, nous n’avons pas du tout eu cette ambition » affirme Odette Homai, vice-présidente du groupe A Fano Ti’a à l’APF.
Tous les regards se tournent désormais vers une prochaine échéance politique majeure : l’examen en commission, le 7 mai, du projet de loi visant à abroger la réforme du RNS. Un dossier sensible, susceptible de raviver les tensions entre les deux camps. Le calme observé ces derniers jours pourrait ainsi n’être qu’une simple parenthèse avant une nouvelle séquence de turbulences politiques.



