Tourisme record, consommation en berne : l’économie polynésienne à deux vitesses en 2025

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Des résultats "solides" face à un horizon 2026 "moins lisible". L'Institut d'Émission d'Outre-mer (IEOM) a livré sa synthèse annuelle sur les performances économiques de la Polynésie française en 2025. Portée par un tourisme record et un accès facilité au crédit, l’activité reste dynamique, malgré une consommation des ménages en baisse.

Un paysage économique « résilient » : l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) a publié sa synthèse annuelle des performances économiques de la Polynésie française en 2025, ce mardi.

Plusieurs indicateurs confirment cette bonne tenue. L’emploi salarié marchand progresse de +2,9 % en glissement annuel en décembre, tandis que l’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consomamtion (IPC) est restée contenue à +1,3 % sur l’ensemble de l’année. Une hausse légèrement plus importante qu’en 2024 (1,2%), mais moins qu’en 2023 (3,3%).

Dans le même temps, le financement de l’économie s’intensifie nettement : la production de crédits atteint 158 milliards de Fcfp, en hausse de 20 milliards sur un an, portée principalement par les entreprises.

Dans le détail, les crédits à l’équipement progressent de +8,4 %, tandis que les crédits à l’habitat des ménages bondissent de +20 %. À l’inverse, les crédits à la consommation reculent de 12 %, reflet d’un ralentissement des dépenses des ménages. Les commerçants interrogés signalent d’ailleurs une baisse d’activité en fin d’année.

Le tourisme demeure le principal moteur de l’activité . Pour la troisième année consécutive, la Polynésie française bat un record de fréquentation avec 281 227 visiteurs en 2025. La croissance concerne à la fois les touristes terrestres (+7 %) et les croisiéristes (+4 %), confirmant l’attractivité du territoire.

Tous les secteurs ne bénéficient cependant pas de cette dynamique. La pêche enregistre un recul marqué, avec des exportations en baisse de 20 % en volume et de 31 % en valeur. À l’inverse, les exportations de perles progressent nettement (+32 % en volume, +16 % en valeur). Dans le bâtiment, la construction de logements sociaux reste stable avec 309 unités en 2025, un niveau toutefois inférieur à la moyenne observée entre 2017 et 2023.

2026, année sous pression

L’année 2026 s’annonce nettement plus incertaine. D’abord sur le plan international : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient alimenter une hausse des prix de l’énergie et renchérir le coût du transport aérien.

Le tourisme, pilier de la croissance, entre lui aussi dans une phase délicate. Plusieurs établissements hôteliers majeurs sont engagés dans des travaux de rénovation, entraînant une baisse temporaire de la capacité d’accueil. Près de 8,9 milliards Fcfp de crédits ont d’ailleurs été mobilisés en 2025 pour financer ces chantiers. Dans ce contexte, la tendance est davantage à la croisière, dont la fréquentation est déjà en forte hausse début 2026 (+40 %), pour compenser le recul des touristes terrestres (-9 % en janvier).

Autre enjeu majeur : la consommation des ménages. Déjà en ralentissement en 2025, elle pourrait se contracter davantage si l’inflation importée s’accélère. Un point de vigilance crucial, puisqu’elle représente environ 70 % du PIB du territoire et près de 60 % des recettes de fonctionnement du Pays.

Le secteur de la pêche sera également sous surveillance. Au-delà de la baisse des exportations observée en 2025, les discussions internationales autour de quotas de capture à partir de 2027, au sein de la commission des pêches du Pacifique (WCPDC), auxquelles la Polynésie française prendra part, pourraient rebattre les cartes pour la filière.

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