Journées polynésiennes du handicap 2026 : une semaine pour changer le regard

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Les 9e Journées polynésiennes du handicap se tiennent toute la semaine au parc Aorai Tini Hau. Associations, familles et institutions s’y retrouvent jusqu’à vendredi pour promouvoir l’inclusion et sensibiliser le grand public, dans une édition placée sous le thème des Jeux du Pacifique de 2027.

Au parc Aorai Tini Hau, la semaine a démarré dans une ambiance festive. Dès la première matinée, les associations ont défilé aux couleurs des pays du Pacifique, entre chorégraphies et musiques entraînantes. Une mise en scène qui célèbre à la fois les cultures océaniennes et les valeurs du sport, mais aussi celles portées par le handicap : partage, dépassement de soi et solidarité.

« Qu’on soit Tongien ou Fidjien ou Samoan, on est tous Polynésiens, et cce qui me plait dans ce défilé, c’est de découvrir d’autres cultures que la nôtre » indique Bernadette Teapehu, membre de la FRAT.

Tout au long de la semaine, les visiteurs sont invités à aller à la rencontre des associations mobilisées. Sur les stands, échanges et démonstrations permettent de mieux comprendre les dispositifs d’accompagnement existants, mais aussi les réalités du quotidien des personnes en situation de handicap. L’objectif reste inchangé : favoriser l’inclusion et sensibiliser largement la population.

« C’est à chacun d’y mettre son cœur. Je pense un peu plus d’inclusion peut-être de personnes, on va dire, de conditions ordinaires, à venir mieux connaître nos handicaps, nos difficultés à traverser la vie de tous les jours » explique Mereana Alexandre, président de l’association Fare Heimanava.

Parmi les animations proposées, certaines permettent de se mettre concrètement à la place des personnes concernées. Sur un stand, le public peut par exemple s’initier au braille et découvrir les bases de cet alphabet tactile. « Je me suis toujours un peu interrogé sur la manière dont les personnes non-voyantes pouvaient faire pour lire, pour se repérer dans l’espace public. Et là, le fait de devoir déchiffrer l’alphabet pour trouver des mots très courts, très simples, je me rends compte un peu du chantier et de l’apprentissage que ça doit être » admet Hector Henot, cadre technique à la Fédération polynésienne de kayak.

Au-delà de l’aspect pédagogique et convivial, ces journées sont aussi l’occasion pour les associations de rappeler les difficultés persistantes : manque d’infrastructures adaptées, accès parfois limité aux services ou encore accompagnement insuffisant pour certaines familles.

Dans une ambiance chaleureuse, les personnes en situation de handicap profitent également de cette visibilité pour rappeler quelques règles de savoir-vivre. « Il faut dire que dans la société, moi je dirais que c’est plus la personne qui est à mobilité réduite qui s’adapte beaucoup à son environnement, malgré les difficultés, alors que ça devrait être l’inverse » déplore Bernadette Teapehu, membre de la FRAT. « On demande des places réservées pour les handicapés, et ils ne respectent pas l’emplacement » ajoute Teehuarii Descure, membre de la FRAT.

Autant de témoignages qui rappellent qu’au-delà de l’événement, le combat pour une société plus inclusive se poursuit au quotidien.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

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