Dans l’hémicycle du CESEC, le débat n’était pour une fois pas porté par des élus, mais par des étudiants. Une trentaine d’élèves de l’Université de la Polynésie française (UPF) ont pris l’initiative d’organiser cette rencontre autour d’un sujet sensible : l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs. Une démarche qui s’inscrit directement dans leur cursus universitaire.
« Nous avons une matière qui est le droit aux institutions de la Polynésie française, et notre prof nous a proposés d’organiser un débat public au CESEC » indique Tautai Decquet-Tautumaphiaa, étudiant en licence STES à l’UPF. « L’objectif principal, c’est comment on fait une proposition de loi à partir d’un débat public, d’une participation des citoyens, des élus… C’est une super expérience de pouvoir partager avec toutes ces personnes » ajoute Sindbad Boulineau, également étudiante en licence à l’UPF.
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Pour lancer les échanges, Greta Whyte, consule d’Australie, a présenté l’exemple de son pays, premier à avoir interdit les réseaux sociaux aux mineurs en décembre dernier. Selon elle, les premiers effets sont déjà perceptibles : « On a dit, ça suffit, il faut réagir, il faut avoir une loi qui interdit les jeunes d’aller dans quelque chose dont ils n’ont pas la force mentale de l’éviter. Les jeunes, pendant Pâques, ils reprennent le surf… on voit que les jeunes sont dehors, parce qu’en fait, dès que tu le retires, ils cherchent des alternatives physiques, pratiques. Pas tout le temps un livre, mais ça avance ».
Un cas concret qui alimente les réflexions locales, alors qu’en France, une proposition de loi est actuellement à l’étude. Présente lors du débat, la députée Mereana Reid Arbelot a détaillé ce texte en cours d’examen à l’Assemblée nationale : « Que ce soit les jeunes qui nous sollicitent, c’est une grande satisfaction pour nous, élus, avec un mandat de législateur. À nous de porter leurs voix et puis leurs inquiétudes surtout, et de finalement d’articuler ce texte de loi qui, pour l’instant, sera appliquable en Hexagone à notre Fenua ».

Autour de la table, influenceurs, représentants associatifs et élus ont échangé sur une problématique qui concerne directement la jeunesse polynésienne. Une mobilisation saluée par Hinamoeura Morgant-Cross, élue à l’Assemblée de la Polynésie française :« Bravo à cette jeunesse qui s’investit, bravo aussi à leurs professeurs qui leur permettent de s’investir. Pour moi, c’est la génération future. Donc je suis très contente. Vous savez que je suis pour le renouvellement des mandats à l’Assemblée. J’avais porté un texte de mandat et puis retraite politique, donc c’est eux, notre génération future. Eh bien, ça redonne foi en l’avenir et foi en l’humanité » se réjouit Hinamoeura Morgant-Cross, élue à l’Assemblée de la Polynésie française.
Au-delà des échanges, cette initiative étudiante a été largement saluée. Et elle marque surtout le lancement d’un débat désormais bien installé en Polynésie : celui de l’encadrement, voire de l’interdiction, des réseaux sociaux pour les mineurs.



