Licenciement confirmé pour le psychiatre de Tokani qui avait scellé les portes de chambres de l’unité

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Le médecin psychiatre qui avait scellé les portes de trois chambres de Tokani, en août 2024, pour dénoncer la mauvaise prise en charge des patients, a vu son licenciement être confirmé par le tribunal administratif. Celui-ci a considéré que bien que son geste avait pour objectif « de dénoncer tout enfermement indigne de patients vulnérables », il avait manqué à ses « obligations de discrétion professionnelle et de réserve » tout en refusant d’obéir à sa hiérarchie.

Le 25 août 2024, en l’absence du chef de service, le médecin avait pris l’initiative de « coller les portes et les serrures des trois chambres d’isolement » de Tokani, « estimant que ces lieux d’enfermement des patients étaient indignes » pour les patients, peut-on lire dans la décision de justice rendue publique ce mercredi. Il avait également « apposé un document portant la mention ‘j’interdis l’utilisation à vie des 3 chambres catastrophiques’ ».

En juin 2025, la direction du CHPF a décidé de prononcer son licenciement pour « faute». Une mesure contestée par le psychiatre devant le tribunal administratif.

« Le centre hospitalier de la Polynésie française s’est fondé sur des faits qu’il qualifie de ‘dégradation’ de trois chambres d’isolement de l’unité « Tokani », de manquement au devoir de réserve et d’atteinte à l’image du centre hospitalier, de menaces à l’encontre de certains collègues ainsi que de refus d’obéissance », précise la juridiction.

Si sceller la chambre est une « action certes radicale », celle-ci a considéré qu’elle était « motivée par la volonté d’entraîner l’arrêt de l’utilisation effective de ces cellules et de dénoncer tout enfermement indigne de patients vulnérables ».

« Si ces faits, dont la matérialité n’est pas contestée, présentent un caractère fautif de nature à justifier une sanction disciplinaire, leur gravité doit être fortement minorée eu égard au contexte singulier dans lequel ils ont été commis et ils ne sauraient, à eux seuls, justifier légalement la rupture disciplinaire du contrat de l’intéressé », ont estimé les magistrats.

Mais le lendemain des faits, le médecin a « revendiqué son geste par des envois de courriels adressés au personnel du centre hospitalier, par une communication sur un réseau social et dans la presse ». Et certains des emails comportaient « une tonalité menaçante (…) à l’encontre de son administration et de ses collègues ».

Il a également lancé à l’un de ses confrères que « s’il n’était pas solidaire de son action, il en subirait les conséquences en ajoutant ‘je connais du monde’ ».

Des faits « assimilables (…)  à des manquements aux obligations de discrétion professionnelle et de réserve qui incombent aux agents publics ainsi qu’à un refus d’obéissance hiérarchique » qui « ont eu une incidence forte sur le fonctionnement du service », souligne le tribunal administratif qui a donc considéré que son licenciement était justifié.

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